Un matin, un homme d’une cinquantaine d’années
au visage foncé et chaud apparaît dans l’embrasure de la porte
du boui-boui. Sa figure est coupée par une épaisse moustache
coiffant un sourire irrésistible. L’homme hésite quelques
instants à entrer, puis finit par céder à la muscade d’un gruau
venant tout juste d’être servi au comptoir. De toute évidence,
ce réfugié de noble famille est habitué à de plus luxueux établissements.
Il avance vers le comptoir et doit enjamber la canne du vieux
Sarto pour s’y installer. Il lorgne quelques instants les
manœuvres de crêpes ayant lieu sur la grande plaque de cuisson
et demande :
-Des fruits… si possible bien frais, mademoiselle.
Suite...

|