{"id":7651,"date":"2022-07-22T10:05:34","date_gmt":"2022-07-22T14:05:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.chezcora.com\/?p=7651"},"modified":"2022-08-01T14:58:38","modified_gmt":"2022-08-01T18:58:38","slug":"finally-baie-des-chaleurs-travel-letter-number-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.chezcora.com\/en\/lettre-mme-cora\/enfin-la-baie-des-chaleurs-troisieme-lettre-de-voyage\/","title":{"rendered":"Finally, Baie-des-Chaleurs! (Travel letter No. 3)"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019air du matin me pique le nez. \u00c0 peine \u00e9veill\u00e9e, j\u2019imagine des milliers de poissons microscopiques grimpant jusqu\u2019\u00e0 mon oreiller. \u00c0 deux pas de l\u2019eau, dans la baie de CARLETON-SUR-MER, une sir\u00e8ne est assise sur une b\u00fbche pourl\u00e9ch\u00e9e par le temps. Elle lisse ses \u00e9cailles de couleur lapis-lazuli. Souriante et avenante, ses longs bras de reine poussent un chalutier vers le large.<\/p>\n<p>J\u2019ai quitt\u00e9 SAINTE-FLAVIE les larmes aux yeux. Ce joli village c\u00f4tier est entr\u00e9 dans mon c\u0153ur alors que je n\u2019avais que sept ou huit\u00a0ans. Mon p\u00e8re, commis voyageur, avait eu une importante promotion et nous avions quitt\u00e9 CAPLAN, notre centre du monde \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Je m\u2019en souviens. Coinc\u00e9es sur la banquette arri\u00e8re, nous les trois fillettes, nous mouillions nos cuisses de larmes, de peines, et de peur de ce \u00ab\u00a0tr\u00e8s, tr\u00e8s loin nouveau chez nous\u00a0\u00bb avec lequel fr\u00e9rot nous avait lessiv\u00e9 les tympans. La route fut interminable. Elle longea le fleuve tout l\u2019avant-midi puis s\u2019engouffra dans les dunes et petites montagnes de la Vall\u00e9e de la Matap\u00e9dia. C\u2019\u00e9tait il y a quelque 68\u00a0ans. Et \u00e7a me touche beaucoup de r\u00e9aliser que toute ma journ\u00e9e d\u2019hier a servi \u00e0 faire exactement le m\u00eame trajet, \u00e0 l\u2019envers.<\/p>\n<p>En route vers la BAIE-DES-CHALEURS! C\u2019est l\u2019explorateur Jacques\u00a0Cartier qui, \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9\u00a01534, a baptis\u00e9 ce lieu \u00ab\u00a0baye des chaleurs\u00a0\u00bb. Le saviez-vous? Bien avant lui, le peuple Mi'gmaq appelait l\u2019endroit \u00ab\u00a0Maoi P\u00f4gtapei\u00a0\u00bb, signifiant \u00ab\u00a0la grande baie\u00a0\u00bb. J\u2019avance, la t\u00eate alourdie de trois quarts de si\u00e8cle d\u2019exp\u00e9riences de toutes sortes, de naissances et de la mort de mes chers parents. Malgr\u00e9 mes multiples aventures de survie, j\u2019ai toujours eu le temps de redescendre le fleuve vers mes origines, mon patelin, mon pays. J\u2019ai appris trois langues et pourtant le fleuve m\u2019ab\u00eatit. Il me fige, me ram\u00e8ne \u00e0 l\u2019\u00e2ge o\u00f9 je cr\u00e9ais mes souvenirs au lieu de les amincir. Le sable entre mes orteils, les roses sauvages de la tante Hope, les petits poissons s\u00e9ch\u00e9s que nous m\u00e2chouillions comme s\u2019ils \u00e9taient des caramels; tout cela et des milliers d\u2019autres plaisirs quotidiens qui s\u2019accordaient comme des notes de musique symphonique. \u00c0 bient\u00f4t, SAINTE-FLAVIE, nos jeux d\u2019enfants sur la gr\u00e8ve, les coquillages de moules d\u00e9lav\u00e9s, les branches polies par la vague, l\u2019odeur enivrante du large, les familles de canards, le quai majestueux.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s mille photos pr\u00e9cieusement sauvegard\u00e9es dans mon cellulaire, mon bolide grimpe la c\u00f4te de MONT-JOLI direction la fameuse Vall\u00e9e de la Matap\u00e9dia par la route\u00a0132 est. Mon premier regard se d\u00e9lecte d\u2019une immense courtepointe de teintes vertes. La nature exag\u00e8re toujours au-del\u00e0 du connu. N\u2019est-ce donc point ce qui stimule les explorateurs? N\u2019est-ce point ce qui attire ma cr\u00e9ativit\u00e9? L\u2019homme des cavernes aurait certainement pu imaginer qu\u2019un oiseau pr\u00e9historique transporte des humains dans son ventre. C\u2019\u00e9tait une question de temps, le temps que son cerveau m\u00fbrisse. Tout le progr\u00e8s du monde serait-il une question de temps? Faudrait-il interroger Henry\u00a0Ford ou Elon Musk? Bref, la bagnole avance.<\/p>\n<p>Un SAINT-MO\u00cfSE sur une pancarte verte me dit BONJOUR. Y en a-t-il un pour vrai? Tous les saints du ciel seraient-ils r\u00e9unis au Qu\u00e9bec? Et les plus gros b\u00e2timents, seraient-ils des \u00e9glises gigantesques? Des \u00e9glises vides, bien souvent; aussi triste qu\u2019une petite pluie qui ni ne mouille ni ne s\u00e8che. Un peu plus loin, l\u2019\u00e9glise de SAYBEC me nargue avec son clocher bien effil\u00e9 qui transperce un nuage. Qui sont donc les v\u00e9ritables chr\u00e9tiens qui, en 1931, ont transport\u00e9 toutes ces lourdes pierres ayant servi \u00e0 la construction de l\u2019\u00e9glise actuelle? Y ont-ils gagn\u00e9 leur ciel? \u00c0 SAYBEC, deux \u00e9glises ont \u00e9t\u00e9 magan\u00e9es par la foudre; l\u2019ancienne en 1929 et la nouvelle le 26\u00a0septembre\u00a01979. Il para\u00eet que seulement le coq sur le bout du clocher a \u00e9t\u00e9 amoch\u00e9; le coq et le syst\u00e8me \u00e9lectrique de l\u2019\u00e9glise.<\/p>\n<p>Un peu plus loin \u00e0 ma droite, une SAQ est accoud\u00e9e sur un March\u00e9 Tradition. Quoi dire? Une sortie, deux sacs de provisions? Plus loin, une autre minuscule \u00e9glise prot\u00e8ge le cimeti\u00e8re. Les morts auraient encore besoin de protection dans ce bout de pays? \u00c0 midi, au fin fond de la vall\u00e9e, j\u2019entends la radio m\u2019annoncer que Jo\u00ebl Le Bigot tire sa r\u00e9v\u00e9rence. Quelle tristesse! Que vont devenir mes samedis matins? \u00c7a me dit vraiment rien d\u2019autre. Mozart l\u2019enjou\u00e9 pourrait-il me consoler? Bof! Tout finit toujours par finir, le bon comme le mauvais. Au moins la route est potable; bien souvent fra\u00eechement pav\u00e9e. Je vous recommande le trajet. Certes la vall\u00e9e est moins romantique qu\u2019un bord de mer, mais ainsi va la vie. On ne peut pas toujours \u00eatre en train de manger des shortcakes aux fraises.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pas d\u2019avenir pour la F1\u00a0\u00bb, d\u00e9clare RADIO-CANADA. 18\u00a0millions de dollars venant des deniers publics. Qu\u2019est-ce \u00e0 choisir? La sant\u00e9 de la plan\u00e8te ou le divertissement du public? Dites-moi, un grand tour de la GASP\u00c9SIE pourrait-il remplacer le spectacle de la F1? J\u2019imagine des milliers de Gasp\u00e9siens lan\u00e7ant des branches de lilas aux cyclistes. J\u2019imagine le fleuve en \u00e9bullition, les anguilles avec la t\u00eate hors de l\u2019eau pour tout voir, les parents promettant des bicyclettes \u00e0 leurs enfants. Les \u00e9lus promettant d\u2019am\u00e9liorer les bords de mer.<\/p>\n<p>\u00c0 SAINT-VIANNEY, on dirait que tout le monde s\u2019est endormi en plein jour. Je ne vois personne. Ni chien, ni chat, ni \u00e2me qui vive. Plus loin, \u00e0 SAINT-REN\u00c9, le temps noircit, la route renfonce. Je me sens toute petite et vuln\u00e9rable. Je rallume la radio pour entendre qu\u2019en France les cadavres s\u2019accumulent. C\u2019est in\u00e9vitable. Ma\u00eetresse Plan\u00e8te serait-elle en train d\u2019allumer un grand feu? Nous vivons comme si nous \u00e9tions encore dans le paradis terrestre. Un expert annonce que plus les p\u00e9riodes de canicule sont longues, plus le danger augmente. Cette extr\u00eame chaleur viendrait-elle des fissures de l\u2019enfer? Derni\u00e8rement, notre Vancouver a eu tellement chaud que tous ses vieux sont presque morts de peur. Cela m\u2019effraie. Peut-\u00eatre devrais-je partir le plus vite possible au lieu de finir calcin\u00e9e avant mon heure.<\/p>\n<p>Je pousse \u00e0 fond la p\u00e9dale. J\u2019ai h\u00e2te de sortir de cette vall\u00e9e. \u00c0 droite, un joli pont couvert me console. La 132 n\u2019en finit plus de s\u2019\u00e9tirer. Comme lorsque nos m\u00e8res faisaient de la tire pour la Sainte-Catherine. Dieu merci, je ne suis pas une divinit\u00e9 domestique; juste une cuisini\u00e8re de repas matinaux. Je roule et je d\u00e9vale cette vall\u00e9e comme si la flamme olympique me courait aux fesses. \u00c0 bonne vitesse, j\u2019arrive enfin \u00e0 MATAP\u00c9DIA. Je ne m\u2019y arr\u00eate point et je finis par entrer dans la MRC Avignon. J\u2019aimerais visiter ESCUMINAC et quelques vieux Micmacs, mais mon bolide passe tout droit. Je me console en r\u00eavant d\u2019un TOTEM juste pour moi, dans ma t\u00eate. Je r\u00eave d\u2019empiler une dizaine d\u2019assiett\u00e9es d\u2019ann\u00e9es toutes diff\u00e9rentes et significatives. Tout l\u00e0-haut, au bout du totem, je verrais ma vieillesse picorer le ciel pour y entrer.<\/p>\n<p>\u00c0 CARLETON-SUR-MER, je lorgne un bord de mer pour un bon dodo. J\u2019accoste au Manoir Belle\u00a0Plage. Un bel endroit rempli de livres d\u2019histoires de nos anciens Canadiens. Apr\u00e8s une orgie de fritures de poisson chez Dixie Lee, je regrette d\u2019avoir beaucoup trop mang\u00e9. J\u2019ai mal au ventre, mal au c\u0153ur, mal \u00e0 moi, incapable de me rappeler ce qui est bon pour mon syst\u00e8me digestif. J\u2019ai l\u2019impression d\u2019avoir le ventre plus gros que le corps, la t\u00eate vide et les jambes pesant cent livres chacune. Apr\u00e8s une heure de trempage dans l\u2019eau bouillante, je m\u2019enfouis sous la couette luxueuse du Manoir et m\u2019endors.<\/p>\n<p>Je m\u2019\u00e9vapore, je m\u2019amenuise jusqu\u2019\u00e0 n\u2019\u00eatre qu\u2019un filet de varech coinc\u00e9 entre deux bois morts. Mes draps se liqu\u00e9fient. Qui suis-je d\u2019autre qu\u2019un boulet, un ventre gonfl\u00e9 d\u00e9rivant vers le large, un vide \u00e9trange esp\u00e9rant l\u2019aurore? En sourdine, mon ronflement laboure l\u2019\u00e9cume du large. Dans ma t\u00eate inond\u00e9e, un r\u00eave essaie d\u2019aboutir. J\u2019ai peur. Une vague g\u00e9ante craquelle la noirceur de l\u2019eau. J\u2019attrape une algue g\u00e9ante et m\u2019enroule dedans. J\u2019ai chaud, je suis bien et tout d\u2019un coup une gueule g\u00e9ante s\u2019entrouvre et m\u2019avale. Quel cauchemar!<\/p>\n<p>\u00c0 suivre dimanche prochain!<\/p>\n<p>Cora<br \/>\n\u2764<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019air du matin me pique le nez. \u00c0 peine \u00e9veill\u00e9e, j\u2019imagine des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":414,"featured_media":7653,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[32],"tags":[],"class_list":["post-7651","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lettre-mme-cora"],"acf":{"img_en":"","contenu_en":"The morning air tingles my nose. As soon as I wake up, I imagine thousands of microscopic fish swimming up to my pillow. A stone\u2019s throw from the water, in the bay of Carleton-sur-Mer, a mermaid sits on a weather-worn log. She is smoothing out her lapis-lazuli coloured scales. Smiling and friendly, her long regal arms push a trawler out to sea.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nI left Sainte-Flavie with tears in my eyes. This pretty coastal village became rooted in my heart when I was 7-8 years old. My father, a travelling salesman, had been promoted, and we left Caplan, until then our centre of the world. I remember it well. Stuffed into the backseat with my sisters, the three of us cried until our laps were wet with tears of fear of this \"new faraway home.\u201d Our brother had bombarded our eardrums with constant talk of it. That day the road seemed like it would never end. It followed the river\u2019s edge all morning before veering off into the hills and small mountains of the Matapedia Valley. That was some 68 years ago. I am moved when I realize that I spent all day yesterday retracing that exact same route, in reverse.\r\n\r\nI am on the road to BAIE-DES-CHALEURS! Did you know that the explorer Jacques Cartier named this place <em>baye des chaleurs<\/em> (bay of warmth) in the summer of 1534? Long before him, the Mi\u2019kmaq called the place <em>Maoi P\u00f4gtapei<\/em>, meaning \u201cthe big bay.\u201d I push on, my head heavy with three quarters of a century of life experiences, including births and the death of my dear parents. Despite my many adventures in survival, I have always found time to travel down the river to my roots, my hometown, my country. I have learned three languages and yet the river still dulls my mind. I am frozen, transported back to an age when my memories were fresh and vivid, before fossilized by time. The sand between my toes, Aunt Hope\u2019s wild roses, the little dried fish we chewed like caramels \u2013 all this and thousands of other little pleasures, each one a note in a harmonious symphony. See you soon, Sainte-Flavie, with our childhood games on the seashore, the sun-bleached mussel shells, the branches polished by the waves, the intoxicating smell of the ocean, the families of ducks, the great wharf\u2026\r\n\r\nAfter capturing hundreds of photos with my cell phone, I take Highway 132E up the hill of Mont-Joli in the direction of the famous Matapedia Valley. The first sight that greets me is an immense quilt of green hues. Nature always shows us more than what we grasp. Isn\u2019t this precisely what entices explorers to leave safe shores? Isn\u2019t it what sparks my creativity? Surely cavemen could have imagined a prehistoric bird carrying humans in its belly. The caveman brain simply needed time to develop. Isn\u2019t all progress a question of time? Should we ask Henry Ford or Elon Musk? The car motors along.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nSAINT-MO\u00cfSE framed on a green sign says BONJOUR to me. Was there ever a real one? Are all the heavenly saints gathered in Quebec? And would the largest buildings be imposing churches? Today, they are often empty and sad as a light rain that neither wets nor leaves dries. A little further on, the church of Saybec taunts me with its slender bell tower that pierces a cloud. Who were the Christians who, in 1931, carried all those heavy stones to build the church? Did they earn their place in Heaven? Lightning struck two churches in Saybec: the old one in 1929 and then the new one on September 26, 1979. Only the rooster on the tip of the steeple was damaged, along with the church\u2019s electrical system.\r\n\r\nA little further on to my right, a provincial liquor store adjoins a small grocery store. What is there to say? A stop-off, two bags of groceries? Next, another small church protects a cemetery. Do the dead still need protecting in this part of the country? At noon, at the end of the valley, the radio announces that Jo\u00ebl Le Bigot, who hosts a Saturday radio show on current social and cultural affairs, is retiring. Sad news! What will become of my weekend morning? Can playful Mozart comfort me? Well, everything comes to an end eventually, both the good and the bad. At least the road I am travelling on is smooth enough and even freshly paved in some places. I recommend the route. Of course, the valley is less romantic than the seaside, but that\u2019s how life goes: you can\u2019t always be eating strawberry shortcake.\r\n\r\n\u201cNo future for the F1,\u201d says Radio-Canada. 18 million dollars of public money. What to spend it on: the health of the planet or the entertainment of the public? Tell me, could a grand tour of Gasp\u00e9sie replace the grand F1 spectacle? I imagine thousands of Gaspesians throwing lilac branches at cyclists. I imagine the river swirling and swelling, eels holding their heads above the water to take everything in, parents promising bicycles to their children. Elected officials promising to improve the waterfront.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nIn Saint-Vianney, it looks like everyone has fallen asleep in the middle of the day. I don\u2019t see anyone. No dog, no cat, no living soul. Further on, in Saint-Ren\u00e9, the weather turns darker, the road caves. I feel small and vulnerable. I turn on the radio to hear that the corpses are piling up in France. It is inevitable. Has Mother Earth lit a great fire? We live in denial as if we were still in an earthly paradise. One expert says that the longer the heat wave persists, the greater the danger. Could this extreme heat be emanating from the cracks in the mantle of hell? Here in our country, Vancouver has been so hot that the elderly are almost frightened to death. I am terrified too. Maybe I should leave this world as soon as possible before I am completely incinerated.\r\n\r\nI push hard on the pedal. I can\u2019t wait to get out of the valley. On the right, a pretty covered bridge consoles me. The 132 keeps stretching in front of me, just like when our mothers used to make taffy for Ste. Catherine\u2019s Day. Thank goodness I\u2019m not a domestic goddess, just a morning cook. I roll on down the valley as if the Olympic flame were licking my backside. Going at a good clip, I finally arrive in Matapedia. I don\u2019t stop and eventually arrive in Avignon RCM. I would like to visit Escuminac and some old Mi\u2019kmaq sites, but the Mini goes straight through. I console myself by dreaming of a TOTEM just for me. I would pile up a dozen or so plates from the past years, each one unique and significant. And up there, at the top of the totem pole, my old age would be pecking at the sky to be let in.\r\n\r\n&nbsp;\r\n\r\nIn Carleton-sur-Mer, I look for a place to turn in along the seashore. I pull into the Manoir Belle Plage. A beautiful place filled with history books on early pioneers. I polish off a feast of fried fish at Dixie Lee and soon regret it: my stomach aches, my heart aches, my entire body aches. I\u2019ve forgotten how to keep my digestive system happy. My stomach is bigger than my body; my head is empty and my legs weigh 100 pounds each. After an hour-long hot bath, I disappear under the luxurious comforter of my Manoir bed and fall sound asleep.\r\n\r\nI dry up, shrinking until I am only a net of kelp caught between two pieces of dead wood. My sheets become liquid. Who am I but a lead ball, a swollen belly drifting out to sea, a strange void hoping for the dawn? My silent snoring ploughs through the foam of the open sea. In my flooded mind, a dream tries to surface. I am afraid. A giant wave strikes the blackness of the water. I grab onto a giant seaweed and wrap myself in it. I am warm, I am safe. Suddenly, a cavernous mouth opens and swallows me. What a nightmare!\r\n\r\nCome back next week for more adventure!\r\n\r\nCora\r\n\u2764"},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v28.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Enfin, la Baie des Chaleurs! (troisi\u00e8me lettre de voyage) &#8211; Cora D\u00e9jeuners et d\u00eeners<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.chezcora.com\/en\/mme-coras-letter\/finally-baie-des-chaleurs-travel-letter-number-3\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Enfin, la Baie des Chaleurs! 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