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9 septembre 2022

J'en rêvais et je l'ai fait

Pendant tous ces longs mois de confinement quasi obligatoire, je pensais souvent à ma GASPÉSIE chérie et je désespérais de pouvoir la revoir un jour. Et voilà que c’est fait et j’en suis très, très heureuse. Il y a quelque chose de magique dans la réalisation d’un rêve longtemps mijoté et finalement accompli; une espèce de contentement égal à nul autre. L’avez-vous déjà expérimenté? Pensez-y un brin. La vie est comme un Spoutnik, elle passe si vite! Et nous avons tellement de choses à faire juste pour nous garder en vie. Rarement, nous arrivons à être satisfaits et amplement contentés. Ce matin, je le suis pourtant et je réalise que ce récent voyage fut différent de mes anciennes virées au pays de mon enfance. Cette fois-ci, je n’ai parlé à pratiquement personne. J’ai voyagé en symbiose avec le fleuve, la nature luxuriante, les montagnes audacieuses et la route infiniment belle. Et oui, j’étais toute seule dans ma Mini Cooper, comme chaque fois que je prends la route pour aller loin. Ce voyage m’a beaucoup surprise. J’ai réalisé qu’en totale liberté dans la nature, mon inspiration grimpait dans les nuages et s’amusait à m’asperger de jolies phrases et de mille et une idées saugrenues.

J’ai vraiment l’intention de récidiver, de partir à l’aventure plus souvent, comme je l’ai fait cette fois-ci. En revenant à la maison, ma tête s’est remplie d’idées accessibles. Aller plus souvent à MONT-TREMBLANT, à MONT-LAURIER et plus loin vers le Nord. Aller en ESTRIE et aussi vers l’OUEST, me tremper les orteils dans les beaux Grands Lacs ontariens.

Essayez pour voir. Prenez la bagnole et allez quelque part. Même pour un seul après-midi ou pour une journée entière. Ayez quelques pommes, un sandwich, une bouteille d’eau et vos bonbons favoris. Faites comme moi, croquez un sucre d’orge et rajeunissez à vue d’œil. Ouvrez vos fenêtres et laissez le vent chatouiller votre belle figure. Admirez le paysage, enivrez-vous de beauté. Et faites le vide à l’intérieur. Oui,oui! Videz la corbeille de tracas qui obstrue l’artère menant à votre cœur. Les oiseaux volent parce qu’ils n’ont pas de bagage.

Vous connaissez sûrement Thomas Edison, le célèbre américain qui a commercialisé l’invention de l’ampoule électrique. C’est aussi lui qui nous a laissé la célèbre définition de « GÉNIE » : 2 % d’inspiration et 98 % de transpiration. Savez-vous quels ont été ses derniers mots avant de mourir, le 18 octobre 1931? Sa phrase fut : « C’EST TRÈS BEAU LÀ-HAUT ». Encourageant, n’est-ce pas? Vous devez savoir qu’un de mes dadas est de collectionner les dernières phrases prononcées par des hommes ou des femmes célèbres juste avant de mourir. Et vous, chers lecteurs, y pensez-vous quelquefois à ces derniers mots que vos proches entendront?

Pendant ce voyage, je n’avais aucun itinéraire précis, ni événement auquel assister, ni parent ou ami à visiter. La réalité c’est que seuls les goélands savaient que j’étais parmi eux. Je voulais juste m’accrocher au volant et descendre vers la mer. J’avais mon IPAD, une boîte de crayons de couleur bien affilés, des crayons à la mine HP, un cahier à dessiner et, en surcroît, trois calepins d’écriture au cas où une baleine me chuchoterait quelques secrets. Et, à ma grande surprise, je n’ai rien dessiné ni colorié. J’ai juste rempli quatre calepins de notes de tout ce que je voyais et pensais en conduisant. Bien souvent, je stationnais ma Mini pour décrire un paysage, noter une question, une réflexion ou tout simplement un état d’âme du moment. J’étais contente de conduire avec comme seules compagnes la radio et une glacière sans glace contenant des pommes bien lavées (beaucoup de pommes!), des carottes, des poires, des biscottes « keto », des bouteilles d’eau et mon assortiment de vitamines. Une fois la vallée de la Matapédia traversée, j’étais chez nous.

En roulant, j’avais vraiment l’impression, chers lecteurs, que vous étiez avec moi, bien à l’aise sur la banquette arrière. Je vous parlais, me tournant bien souvent comme pour entendre vos commentaires, pour poser une question ou m’esclaffer devant un nom saugrenu de village. Je n’étais pas seule dans la bagnole, vous étiez avec moi.

J’ai lu, l’autre soir, dans un petit bouquin à 6,95 $ intitulé LES RÈGLES D’OR DE LA PENSÉE POSITIVE, que l’on peut retrouver son cœur d’enfant si on réussit à sourire 400 fois par jour. D’accord, une quinzaine de sourires le matin devant le miroir, c’est facile. J’essaie une ou deux couleurs de lunettes, je choisis un joli foulard ou une couronne de fleurs, je crêpe ma couette, colore mes lèvres, efface le trop rouge, remet le rose bonbon et patati et patata. Ma figure chaque matin est une page blanche sur laquelle je commence une nouvelle histoire. Et l’auteur du bouquin aura raison. Il ne tient qu’à moi de multiplier les sourires en mariant les teintes de ma vêture, en portant une jolie épinglette, quelques bracelets de mon cru et des chaussettes assorties. C’est presque garanti, les couleurs éclatantes attirent les sourires. Essayez pour voir. Moi-même, clopin-clopant, j’en provoque un peu partout. Et cela facilite énormément l’objectif de retrouver mon cœur d’enfant.

J’aimerais tellement redevenir la petite fille aux boucles d’or que j’étais à cinq ans. Jouant aux billes avec frérot, je serais convaincue que ma maman m’aime et je n’aurais jamais connu le méchant qui a saccagé mes rêves de jeune femme.

Hypnotisés par le tourbillon de la vie, avons-nous vraiment le temps pour un léger mouvement de la bouche et des yeux? Bien sûr que OUI! Un sourire prend une nanoseconde pour apparaître. Allons-nous nous priver consciemment de milliers de petits bonheurs quotidiens aussi contagieux qu’un sourire? Bien sûr que NON!

En revenant de voyage avec neuf grosses lettres de bla-bla-bla, j’avais vraiment l’impression d’avoir épuisé toutes mes belles phrases. Et pourtant, ce matin, en ouvrant mon IPAD, des centaines de jolis mots bataillaient pour sortir de ma tête. Des mots ragaillardis de conviction et d’espoir.

Je vais donc continuer d’écrire pour me convaincre et vous convaincre, chers lecteurs, que la vie vaut la peine d’être vécue. Inondons nos journées de jolis sourires et ensemble, retrouvons nos cœurs d’enfant.

Cora

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