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13 janvier 2023

La bibliothèque du paradis

(Note à mes lecteurs : cette lettre a été écrite en décembre.)

Vendredi après-midi dernier, je me suis retrouvée dans la bibliothèque du Paradis. Oui, oui! Un immense endroit de je ne sais combien d’étages, avec un peu partout de très longs escaliers mécaniques, de belles affiches suspendues, des flèches directionnelles, des comptoirs de rafraîchissements, des kiosques d’information, des anges en costumes de brigadier et des milliers d’enfants papillonnant un peu partout à travers mon rêve devenu réalité.

Je n’ai pas assez de mots pour décrire le spectacle inimaginable de millions de livres ouvrant leurs pages aux affamés de lecture. L’ensemble du lieu respire la joie d’apprendre. Et même moi, comblée mais curieuse, je virevolte d’un îlot à l’autre, butinant les perles de sagesse de chaque histoire. Je sais depuis toujours que la lecture est le plus nourrissant des cadeaux que l’on puisse offrir à ceux qu’on aime.

Pour l’occasion, Saint-Pierre avait séparé le Paradis en centres d’intérêt bien précis. J’ai d’ailleurs eu l’impression que l’univers des enfants était cent fois plus vaste que celui du grand âge. C’est bien normal, je suppose. Il m’en reste si peu à chérir ici-bas. Et les jeunes ont tellement besoin de connaissances pour apprendre à bien vivre.

Je me souviens, toute petite, nous n’avions ni livres de lecture ni calepin d’écriture à la maison pour noyer nos secrets dans le bleu de l’encre. Maman avait pourtant été maîtresse d’école avant son mariage. N’avait-elle jamais lu un roman avant que l’eczéma l’empêche de tenir un vrai livre dans ses mains?

Il m’aura fallu insister auprès d’elle pour qu’elle m’inscrive au Collège de Rosemont. Je me souviens du petit uniforme bleu marin qu’elle m’avait cousu dans l’envers d’un vieux paletot de papa; des longs bas beiges que les sœurs nous obligeaient à porter; de la mantille noire sur nos têtes pour visiter la chapelle.

J’ai appris à lire de vrais livres en première année du Cours classique de l’époque. Et je n’ai jamais arrêté. Outre les manuels scolaires que je prenais très au sérieux, je me suis un tantinet laissée séduire par les romans d’amour, mais j’ai vite préféré les grands auteurs de vraie littérature, ceux qui pouvaient m’apprendre à bien écrire.

Avec le temps, presque tous les murs de ma maison sont devenus des étagères Ikea brunes ou blanches, selon les pièces. Oui, oui! Je vis dans une bibliothèque. Et j’adore être aussi bien entourée. Mes livres sont classés par sujet : spiritualité, religions du monde, géographie, voyages, affaires, histoire, littérature, biographies, magazines divers, et j’en oublie. Tout ce qui me manque, je suppose, c’est un club de lecture à domicile. Et j’y pense.

J’ai aussi plusieurs belles photos d’auteurs qui me tiennent compagnie et que j’affectionne tout particulièrement.

Sur le plancher des anges, j’avance gaiement, je déambule entre les tables, je m’approche des présentoirs, je trottine dans les allées et le temps s’écoule dans le sablier divin.

Après quelques heures à rencontrer mes auteurs favoris, je cherche la canne de l’ange Gabriel ou une aile bienveillante pour m’envoler.

Et, comme si elle m’avait entendue, ma merveilleuse petite-fille apparaît sur mon cellulaire. Elle m’offre de venir me chercher. Elle aimerait que nous soupions ensemble. Je quitte donc le Salon du livre de Montréal portée par la grâce de l’amour familial et, le temps de traverser la ville, nous nous retrouvons à Laval dans le resto favori de ses parents.

Savez-vous combien j’aime mes petits enfants? Gros comme le ciel et encore plus gros.

Cora
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