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16 avril, 2021 |

Kiwi et mon amour des grenouilles.

Quelques fois, les souvenirs arrivent sans crier gare! Ainsi, ce matin j’ouvre un œil avec un coassement de grenouille dans l’oreille. Ai-je encore rêvé ou me suis-je tout juste souvenu du temps jadis en Gaspésie lorsque les jeunes garçons du voisinage se faisaient un plaisir de martyriser les grenouilles de l’étang juste à côté de la grange du grand-père?

 

Il m’arrivait souvent de courir derrière frérot lorsque je le voyais se diriger vers l’étang glauque. Ils étaient quatre ou cinq garnements s’amusant à attraper des grenouilles au lasso. Moi, je les surveillais de loin avec l’envie de pleurer. Je me souviens plus particulièrement de Marcus, le fils du cordonnier, le plus cruel d’entre tous. Certains soirs de carnage, ce mastodonte de jeune ado avait les poches remplies de grenouilles; n'hésitant pas une seconde à planter un clou sur la carapace d’'un gros crapaud ou pour exciter ses copains, à pisser dans la gorge d’une grenouille jusqu’à ce que la pauvre bête explose. Même frérot jouait au méchant certains soirs. Je l’ai vu de mes propres yeux insérer une cigarette allumée dans la bouche d’une grenouille et lui tenir la gueule fermée avec ses maigres doigts agrippés aux narines et à la gorge de la pauvre bête. J’avais sept ou huit ans et beaucoup de chagrin parce que j’aimais les grenouilles; leurs couleurs vertes, rousses ou brunes changeantes. J’aimais surtout, à la nuit tombante, leur concerto de petits cris annonçant l’arrivée imminente des rêves.

 

Puis, quelques années durant, le travail de mon père nous a amenés à Mont-Joli puis à Québec et finalement dans une banlieue nord du grand Montréal, juste à temps pour commencer mes études collégiales. Notre maison flambant neuve faisait partie d’un immense chantier de construction terminé aux trois quarts. Et devinez quoi? Un immense étang de grenouilles séparait le nouveau développement des champs de blé appartenant aux voisins cultivateurs. L’été, en fin d’après-midi, j’étais aux anges. Assise dans l’herbe, je récitais ma fraîche poésie à mes amies les grenouilles.

Un jour, un jeune voisin s’aperçut que j’aimais les grenouilles. M’aimait-il un peu pour toujours me donner des babioles en forme de grenouilles? Une carte illustrée, un porte-clés, une épinglette et même un mouchoir brodé qu’il avait rapporté de ses vacances à Atlantic City.

 

C’est pourtant ainsi que ma collection de grenouilles débuta. Elles étaient en tissus, en laine, en plastique et en tout autre matériau, toujours assises dans l’herbe et souriantes à souhait. J’ai même, encore aujourd’hui, un service à thé en grenouilles vert pâle dont je n’ai jamais pu me séparer. Quelque temps après le divorce, je me suis liée d’amitié avec un cuisinier très gentil qui m’a donné, au fil du temps, une vingtaine de grenouilles en peluche. Et je les ai toujours gardées jusqu’à l’arrivée, en 2019, de mon premier arrière-petit-fils. J’ai demandé aux parents de choisir pour l’enfant celles qu’il aimerait en grandissant et j’ai donné les autres au service d’entraide de mon village.

 

Ce fut relativement facile de m’en séparer puisqu’un peu avant l’an 2000, mon amour des grenouilles avait mis au monde un véritable batracien nommé Kiwi. Oui, oui, je l’ai nommé KIWI à cause de l’importance des fruits dans ma nouvelle carrière de restauratrice. Et cette grosse grenouille n’est-elle pas aussi tendre que la chair du kiwi à maturité? Vous connaissez certainement notre KIWI. Lorsqu’il visite les enfants dans nos restaurants, il porte une veste blanche de cuisinier avec son nom brodé sur le flanc droit en grosses lettres vertes.

 

Kiwi a d’abord œuvré en solo à titre de mascotte officielle de l’entreprise puis, multitude de restaurants oblige, cinq clones identiques se sont joints à lui pour animer tout le Canada. Mes magnifiques Kiwi assistent, la plupart du temps avec moi, aux ouvertures officielles de restaurants. Ils visitent nos établissements les week-ends, participent aux fêtes importantes et, sur demande spéciale, prennent part à de gros événements pour enfants.

 

La naissance du premier Kiwi remonte au moment où nous cherchions une illustration pour animer le logo de notre fondation dédiée entièrement à aider les enfants. Et bien entendu, mon amour des grenouilles s’est tout de suite immiscé dans la conversation.

-Dessinons une grenouille, me suis-je écrié comme si c’était une vérité de La Palice.

 

Et, tout de suite, j’ai brandi mon calepin et mon crayon à la mine. Esquissant d’abord une large bouche puis un cou massif, j’ai ensuite dessiné quatre pattes allongées comme si l’animal était en train de plonger dans le blanc de la page. Comme le corps de la grenouille s’amena de lui-même, j’ai donc pu déposer sur sa gentille tête deux gros yeux globuleux. J’ai ensuite tracé des cercles de différentes grandeurs sur tout le corps de la grenouille comme pour imiter le mordoré de sa mince peau vert-roux.

 

Ce fut d’abord seulement un logo magnifique, pour notre fondation jusqu’à ce qu’un ange bienfaisant ait l’idée d’insuffler de la vie dans l’animal dessiné. Et la mascotte m’apparut toute souriante. Je ne l’oublierai jamais, je lui ai tout de suite dessiné une garde-robe et je l’ai baptisée du joli nom de KIWI.

 

À cette époque, j’avais encore l’habitude d’inaugurer moi-même le congrès annuel de tous nos franchisés. Mais lorsque la grenouille joliment habillée entra pour la première fois dans nos bureaux, notre directeur marketing me pria de l’écouter; ce que je ne faisais pas toujours, vous vous en doutez. Bref, ce petit génie nous préparait une surprise de taille. Et j’ai pu garder le secret jusqu’au jour (une semaine plus tard) de l’ouverture officielle de notre congrès annuel.

 

Et voilà qu’au lieu de l’habituelle présidente au long discours, une immense grenouille à larges pieds apparut sur la scène un tantinet surélevée pour mieux la voir. Elle porte une jolie veste blanche de cuisinier avec son nom brodé en vert sur le flanc droit. Pendant un bon moment, notre nouvelle mascotte saute, danse et envoie des baisers à la petite foule en délire assise devant elle. L’introduction de ma grenouille préférée fut un très grand succès. Chaque franchisé insistait auprès du directeur des Opérations pour que Kiwi visite son restaurant en premier.

 

Me voici donc, en terminant cette lettre, encore une fois éblouie de constater que chaque élément de mon concept de restauration a pris racine dans mon enfance. Non seulement l’amour des grenouilles, mais aussi l’amour de l’alphabet qui m’a amenée à dessiner chaque lettre à ma façon, créant ainsi une police de caractères unique en son genre et très distinctive. Je pourrais presque conclure que TOUT A ÉTÉ NÉCESSAIRE. Le bon, le moins bon et le pire lorsque j’avais la tête trop dure pour comprendre.

 

      Cora

 

 

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