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5 février, 2021 |

La découverte du franchisage.

J’ai toujours su que des idées de toutes sortes galopent constamment vers nous, qu’elles nous traversent et tentent d’attirer notre attention. Un bout de laine m’inspirant à y suspendre un biscuit de Noël; des perles de patience à enrouler autour d’un bailleur récalcitrant, un vieux souvenir revenant au monde pour m’apprendre quelque chose.

Il ne manque rien à ce monde, ni d’idées géniales, ni d’artistes dévoués, ni de poudre de perlimpinpin à saupoudrer sur nos bobos.

 

Et pourtant, au printemps 1993, alors que nous avions déjà neuf restaurants ronronnant comme des chats bien nourris, j’avais drôlement besoin d’une gigantesque confiance en moi pour répondre un gros PEUT-ÊTRE à la jolie jeune fille qui voulait avoir un restaurant CORA à elle toute seule.

– Je ne veux pas être partenaire avec vous, madame Cora, je veux une franchise.

– Une quoi? Que je lui réponds innocemment!

– Je veux une franchise Cora dans l’ouest de la ville. C’est là que je demeure et je suis convaincue que vos déjeuners vont plaire aux anglophones de Pointe-Claire (banlieue ouest de la ville de Montréal).

Comprenant que je ne savais pas ce qu’était un réseau de franchises, mademoiselle Nathalie m’instruisit.

– Une franchise madame, c’est comme un McDonald; moi je suis propriétaire du restaurant et vous, madame, vous êtes le franchiseur. Vous me surveillez et moi, je fais exactement comme dans vos autres restaurants. Même menu, même nourriture, même façon de faire et même publicité.

– Hmmm, je vais y penser, jeune fille. Je vais réfléchir à tout cela et surtout me renseigner sur le franchisage. Je vous fais signe quand je serai prête à vous en parler.

 

Ça m’a pourtant pris douze longs mois avant de finaliser notre premier contrat de franchise. Le temps nécessaire pour lire tout ce qui avait été écrit sur le franchisage au Québec et ailleurs. J’avais tellement avalé de mots savants que le premier avocat expert en franchisage m’a traitée de cliente sophistiquée.

En mettant à contribution toutes mes années d’études, j’avais appris presque par cœur toutes les étapes du processus d’apprentissage nécessaire à notre nouvelle vocation de franchiseur.

Sauf toi, chère Providence, qui savait déjà où cela nous mènerait, n’importe qui d’autre aurait traité la cuisinière de casse-croûte de folle à lier.

Et je l’étais. Folle d’espoir, folle d’avancement et folle de réussite.

 

Je me souviens particulièrement d’un matin où j’étais dans le septième ou huitième resto sur la Rive-Sud pour régler un tracas de partenaire. Et je vois entrer un client régulier de la Rive-Nord, consultant en affaires.

– Monsieur Shereck? Que faites-vous si loin de votre bureau?

– Un nouveau client à rencontrer. Mais, dis-moi, Cora, ton jeune fils semble dire que tu veux développer en franchisage..

– Monsieur Shereck, si je vous dis « hamburger », vous pensez à quoi?

– Je pense à McDonald, parce que c’est la plus grande chaîne de burgers en Amérique.

– Eh bien moi, cher monsieur Shereck, ce que je veux vraiment, c’est qu’un jour, lorsqu’on pensera DÉJEUNERS, on dira immédiatement CORA !

 

Sortie spontanément de ma bouche quelques mois seulement après avoir attribué notre première franchise à mademoiselle Nathalie, cette simple réponse est immédiatement devenue le nouvel objectif de ma vie. Je savais que pour y arriver, j’allais devoir, dès le début, placer la barre très haut pour toute notre équipe et pour moi-même. Il ne me suffisait plus, pour être heureuse, de servir des déjeuners inoubliables dans nos neuf restaurants existants. Il me fallait désormais exceller à transmettre notre savoir-faire à de futurs franchisés, qui eux allaient nous permettre d’augmenter le nombre de nos restaurants.

C’est cela la promesse du franchisage : dominer le marché.

Et j’en rêvais jour et nuit, mais je n’en parlais à personne.

Parce qu’il ne fallait pas être vantarde, comme disait ma mère, ni parler à travers son chapeau.

Alors je laissais les enfants plutôt penser que j’étais insatiable, jamais contente ou pire, impossible à contenter. Les pauvres petits s’acharnaient à m’encourager en me lançant, sans réfléchir, tantôt que j’étais la meilleure mère, tantôt qu'ils avaient une plus belle vie que leurs deux brassées de cousins.

 

À l’automne 1993, je me suis inscrite à la conférence d’un éminent orateur en matière de création d’entreprise. Un homme qui bouleversa complètement ma vocation.

Après avoir salué les distingués invités de l’assistance, monsieur le fondateur d’une illustre banque canadienne prononça ces mots : « l’entrepreneuriat c’est faire de grandes choses avec des petits moyens. Ce n’est pas pour les riches, a-t-il ajouté, car les riches n’ont qu’à faire des investissements, des placements ou d’autres acquisitions pour augmenter leur fortune. L’entrepreneuriat c’est pour les pauvres, car c’est un excellent moyen d’améliorer leur situation et de devenir quelqu’un. »

D’abord clouée sur ma chaise par le discours de cet homme, j’ai ensuite eu l’impression qu’un geôlier invisible ouvrait tout grand les portes de ma prison. Moi qui pensais que je n’avais pas le bon profil, que je n’avais rien de compatible avec ma nouvelle passion de réussir; ni parents entrepreneurs, ni oncles riches, ni même études aux HEC. Wow! J’allais entreprendre! J’étais pauvre et je voulais m’en sortir, nourrir mes enfants convenablement et devenir quelqu’un de bien.

 

Aujourd’hui, je pense que je suis devenue entrepreneur parce qu’une force extérieure à la mienne a décidé de m’entreprendre. Sans répit, elle m’a fait pratiquer mon métier afin d’être meilleure de jour en jour malgré les peurs, malgré les découragements et malgré les critiques venant de ceux qui ne comprenaient pas qu’un avenir mirobolant me tirait chaque jour vers le haut.

 

J’ai été dure, sévère et intransigeante envers mon monde. C’est la faute à l’entrepreneuriat; ce monstre qui nous empoigne, qui nous habite jour et nuit et qui insuffle l’énergie nécessaire à nos actions. Et le jour où on a enfin appris à se sortir la tête hors de l’eau, c’est encore lui qui nous embarque dans une nouvelle aventure : aller plus loin, voir plus gros, rêver plus grand!

 

Ainsi empoignée, j’enlève définitivement mon tablier en 1996 et je me transforme en femme d’affaires avide, coriace et étonnamment efficace. Et ça aussi, c’est la faute à l’entrepreneuriat.

 

     ❤️

   Cora

Psst : La pandémie a quand même fait une chose de bien : elle m’a isolée physiquement du gros monstre d’entreprise qui avait volé mon cœur, mon âme et toutes mes capacités. J’étais triste au début, je l’avoue, et tout doucement j’ai découvert d’autres attirances. D’autres bienfaits comme la marche matinale, la lecture à volonté, le rangement, les siestes d’après-midi, regarder de beaux films, essayer de nouvelles recettes, trier et donner le surplus, cajoler mes plantes vertes et, finalement, écrire. Écrire comme on respire, matin, midi ou tard le soir quelques fois. S’endormir avec une phrase inachevée.

 

 

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