Catégories

Archives

  • juin 2021
  • mai 2021
  • avril 2021
  • mars 2021
  • février 2021

Suivez-nous sur facebook

Inscrivez-vous
à notre infolettre

Recevez les toutes dernières nouvelles entourant l'univers de Cora de plus que nos promotions directement dans votre boîte courriel!

M'inscrire

15 janvier, 2021 |

Les fameuses résolutions du jour de l’An

(lettre écrite le premier janvier 2021)

 

J’ai commencé très tôt à écrire mes résolutions du jour de l’An. Des tas de petites choses à faire absolument pour améliorer ma condition. Plus belle en perdant absolument quelques livres disait la tante Magella; plus savante disait papa en étudiant davantage et plus gentille en aidant maman sans qu’elle doive me le demander. Ce dont je me souviens surtout c’est d’une persistante impression de ne jamais être à la hauteur. De ne jamais être félicitée ni encouragée par mes proches. Sauf, il faut le dire, par la religieuse qui enseignait le français au primaire et qui avait dit à ma mère devant moi que j’écrivais bien, mais que ma page de composition était chaque fois bourrée de fautes. 

 

Et Dieu merci, je me suis mise à lire à outrance pour améliorer mon vocabulaire. À l’adolescence, je me souviens que chaque soir dans mon lit, j’épluchais le gros dictionnaire Larousse, recopiant dans un calepin chaque mot que je ne connaissais pas. 

Au collège j’étais devenue la plus sérieuse des jeunes filles parce que j’avais un but : améliorer mon écriture et devenir écrivaine. Et peut-être est-ce à cause de cette trop grande passion que mon rêve s’est effondré. À cause aussi de ma totale ignorance des autres choses qu’une mère aurait dû apprendre à sa fille. Tel un gâteau dont aurait oublié de mettre de la poudre magique, le mariage obligé qui s’en suivit fut un total fiasco.   

Et pourtant, la vie, tel un fleuve agité de toutes parts, continua de descendre vers la mer, entraînant avec elle bambins magnifiques, amers chagrins et minuscule houle d’espérance.

 

En 1980, pauvre comme Job, je devins pourtant la plus heureuse des femmes libres de ce monde. Je me souviens, j’avais 33 ans, trois enfants quasi-ados et « un avenir mirobolant devant nous », m’amusais-je à leur promettre. 

Incapable de trouver du travail à la hauteur de mes diplômes d’études datant déjà de 15 ans, j’avais vite été engagée en restauration, comme la plupart des mères monoparentales de cette époque. 

 

Travaillant très fort, je me souviens, je trouvais toujours du temps pour lire les journaux et tous les magazines me tombant gratuitement entre les mains. Je nous cherchais ardemment une nouvelle vie et surtout un métier capable d’améliorer pour de vrai notre triste destinée. 

À cette époque, mes premières listes de résolutions m’incitaient toutes à perdre dix kilos, à faire de l’exercice dans un gym ou à stationner mon auto à 5 rues du resto où je travaillais pour marcher deux fois par jour la distance. Certes, je devais améliorer mon apparence, m’habiller mieux, être plus en forme, augmenter mon salaire et, avec le temps, vivre dans un meilleur logis. 

 

Acharnée, de petite hôtesse à l’accueil, j’avais été promue gérante de soir, puis gérante de jour et 10 mois plus tard gérante générale d’un immense restaurant populaire m’obligeant à être sur place six jours et demi par semaine. 

J’étais bien consciente que je ne travaillais pas chez Hydro-Québec ou dans une grande banque. Je me doutais aussi que l’avenir de mes ados allait entièrement dépendre de mon propre essor. Et je devenais plafonnée, indisponible à mes enfants et insatisfaite. Quelques années passèrent à renflouer ma liste d’objectifs anodins, puis un jour, une serveuse m’apporta un magazine oublié dans la section des gros clients d’affaires du midi. Elle ne savait pas quel client l’avait oublié. J’attendis donc quelques jours sans qu’il soit réclamé. Sept jours plus tard, je m’endormis transformée et heureuse. 

 

Le précieux magazine contenait les résultats d’une fascinante étude menée par des chercheurs de l’Université Harvard de Boston; une étude en lien avec l’action d’écrire ses objectifs. Ils ont démontré que le 3 % des étudiants qui avaient écrit leurs objectifs de carrière tout au long de leurs études gagnaient, en moyenne, un revenu 20 fois plus élevé que les 97 % restants. J’ai aussi lu que ces 3 % d’étudiants avaient tous en commun d’être avides d’apprendre et décidés à aller plus loin pour satisfaire leurs aspirations. 

Une main divine venait de me planter une graine dans la tête.

J’allais être beaucoup plus sérieuse et proactive parce que j’étais moi aussi avide d’apprendre et décidée à tout faire pour améliorer notre situation. Après quelques recherches sur le sujet, je me suis familiarisée avec la puissance que génère le mouvement d’écrire; avec son importance. 

« Écrire nos objectifs sur le papier, c’est mettre notre futur en mouvement; c’est un acte qui rend réels et tangibles nos objectifs. » J’avais copié cette phrase d’une éminente spécialiste nommée Henriette A. Klauser.

 

Début 1984, toutes les résolutions de ma liste s’étaient drôlement remplumées. Tels de braves soldats prêts à gagner la guerre, elles étaient toutes cohérentes avec la création de notre propre petit commerce. J’ai encore ce document préservé quelque part. Entre autres, l’ébauche d’un petit commerce que nous aurions un jour, les enfants et moi, y est décrite succinctement.

Je m’en souviens tellement. Un genre de café-viennoiseries, gâteaux maison, scones et biscottis. Nous appellerions ça « La Clownerie ». On vendrait aussi des gâteaux d’anniversaire et des costumes de clowns pour enfants. J’en faisais des tellement beaux. Et les mamans d’il y a trente ans n’avaient déjà plus le temps d’en coudre.

Une graine a pourtant germé. Et nous avons dû attendre jusqu’en 1987 pour qu’elle nous expose ses fruits : des déjeuners magnifiques avec un gros soleil comme marque de commerce. 

Et chaque janvier suivant, la liste d’objectifs devenait de plus en plus sérieuse. De plus en plus bourrée de chiffres à dépasser. 

 

En janvier 1994, alors que les enfants et moi exploitions déjà neuf restaurants et que nous nous apprêtions à devenir franchiseurs, ma fameuse liste d’objectifs est carrément devenue UN PLAN D’AFFAIRES ANNUEL.  

Sans vraiment le réaliser, nos personnalités individuelles ont été englouties dans ce palpitant tsunami. Chacun d’entre nous ayant la cruelle mission d’être le meilleur. Et nous l’avons été, cumulant notoriété, multiples prix d’excellence et revenus satisfaisants.

Puis, tranquillement, aussi naturellement que les lourdes branches penchent vers la terre, je me suis retrouvée sur la voie d’évitement; en retrait pour en laisser passer un autre. Celui qui dicte le plan d’affaires annuel à sa cohorte de professionnels. Et ils le font très bien, même cette année, malgré l’horrible tremblement du monde de la restauration. 

 

Quant à moi, réfléchir me fait mûrir. Et écrire s’occupe du reste!

En vous racontant, je me tiens compagnie. Et l’infinie Sagesse de l’Univers aménage mes journées.

Quelques matins, j’avance tel un funambule entre deux gouffres. Quittant un paragraphe, je me tiens prête à sombrer. Je tente d’agripper une étoile et c’est le vent qui me sauve. 

Je n’ai plus besoin de planifier quoi que ce soit. Plus besoin d’écrire des résolutions ou de faire des promesses. 

À chaque aube, je n’ai qu’à attendre que le soleil se lève et qu’il daigne, encore un jour, me garder grouillante d’espoir. 

      ❤️

    Cora

 

Catégories

Archives

  • juin 2021
  • mai 2021
  • avril 2021
  • mars 2021
  • février 2021

Suivez-nous sur facebook

Inscrivez-vous
à notre infolettre

Recevez les toutes dernières nouvelles entourant l'univers de Cora de plus que nos promotions directement dans votre boîte courriel!

M'inscrire