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19 février, 2021 |

L’inoubliable recette de mon succès

Très tôt dans l’histoire, peut-être au septième ou huitième restaurant ouvert en sol québécois, la Belle Province s’est aperçu que nous existions. De partout, les familles roulaient plusieurs kilomètres, traversaient des ponts et faisaient la file avant de pouvoir entrer chez nous.

S’attendant à voir un sublime TAJ MAHAL de la restauration, ces nouveaux clients s’engouffraient dans une bombance d’arômes de pain doré, de cannelle et de vanille croustillante sur les crêpes. Exorbités, leurs yeux cherchaient l’extravagance, la richesse sur les murs, dans la vaisselle ou dans l’uniforme excentrique des serveuses. Mais rien de tout cela n’existait. Rien d’autre que d’immenses sourires étalés sur chaque visage, des exclamations de joie s’envolant de chaque table et des assiettes de nourriture totalement hors du commun.

 

Dans un espace qu’on aurait cru bricolé par des ados inventifs, avec sur les murs les noms des plats en grosses lettres joliment dessinées, ce nouveau genre de restauration avait de quoi faire parler la clientèle. Sans compter qu’on n’y servait rien d’autre que des déjeuners et quelques plats du midi pour les travailleurs à proximité. De plus, beau temps mauvais temps, il fallait se dépêcher si on venait de loin, car le resto fermait chaque jour à trois heures de l’après- midi.

 

Et c’est ainsi qu’un immense brouhaha de compliments atteignit les grandes oreilles de « l’establishment » québécois.

— Qui était donc cette femme ni vieille ni jeune venant de nulle part? D’où arrivait donc ce nouveau concept de restauration? D’Europe ou des États-Unis?

— « De sa propre tête », répondit à son patron le directeur adjoint d’une grosse compagnie d’assurance.

 

Je me souviens tellement de lui; un splendide jeune homme qui, un certain dimanche, osa traverser le resto en affrontant les zigzags des serveuses entre les tables, les tourbillons d’assiettes dans leurs bras et les silex de café gigotant entre les doigts inexpérimentés des busboys. Je me souviens, j’étais dans la cuisine d’un restaurant qui venait d’ouvrir et je surveillais les opérations. Mon ego assoiffé emmagasinait surtout les éclats de plaisir s’échappant de chaque table.

— Madame Cora, voici ma carte. Nous aimerions que vous veniez partager « la recette de votre succès » avec nos collègues agents d’assurance. Bien entendu, vous seriez rémunérée. Nous serions ravis de vous accueillir, chère dame, car votre réputation vous précède.

 

Ce dimanche-là, après que l’homme m’eut saluée avec une main sur son cœur, mes neurones s’immobilisèrent, totalement incapables de transmettre quoi que ce soit au reste bouillant de mon anatomie.

Cuisiner m’était facile. Expliquer une recette à mon monde, un jeu d’enfant. Mais parler en public à des gens remplis de tellement d’assurance qu’ils sont capables d’en vendre, c’était autre chose. C’était comme si un lion venait d’entrer dans ma cage. J’avais peur. Et franchement, je n’avais jamais réfléchi à notre succès et surtout pas à une pareille recette.

 

Pourtant, le lendemain, un ange qui connaissait mon avenir s’introduisit dans ma tête et réactiva mon encéphale. Et je me suis tout de suite souvenu du jour où j’ai décidé de faire de vraies crêpes. Des crêpes comme ma mère nous en faisait en Gaspésie. Je me suis souvenu de l’épais liquide blanc qu’elle versait dans une grande poêle, du croustillant de la crêpe sur ma langue, du savoureux explosant dans ma bouche. Et je me suis dit que c’était ça le secret de mon succès : beaucoup de travail et de la bonne nourriture. C’était vrai et l’ange vaillant insista pour que je compare la recette de mon succès à la recette du mélange à crêpes de maman.

 

Voici donc cette fameuse recette expliquée des dizaines et des dizaines de fois devant des publics de tout acabit. Écoles, universités, cercles de femmes d’affaires, congrès d’entrepreneurs et autres grandes entreprises. J’ai même baragouiné en anglais pour une conférence Ted. (encore sur YouTube)

 

Dans un grand bol à votre convenance (représentant l’espace physique, le contenant de votre idée ou de votre commerce)

— cassez quelques œufs (symbolisant la vie et la créativité),

— ajoutez assez de lait (représentant le rigoureux focus, la spécialisation),

— et suffisamment de farine (représentant le travail, la vaillance),

— une pincée de sel (représentant le doute, la réflexion)

— et, abondamment, votre entière dévouement.

 

Il n’y a pas de mesure dans cette recette de succès; ni de passoire pour tamiser la farine (le travail) ni de fouet pour violenter les œufs (la vie). C’est vous-même qui êtes la tasse à mesurer. Vous-même qui devez ajouter assez de créativité pour vous différencier des autres. Vous-même qui devez focuser sur votre spécialité sans vous laisser distraire par d’autres aventures. La farine représente le travail. Et c’est l’ingrédient qui se doit se trouver en plus grande quantité dans le bol. Le sel représente le doute et la réflexion; en petite quantité, il nous garde humble et en mode de constante amélioration. En quantité excessive, il gruge l’entreprise tel un vilain ulcère.

Le dernier ingrédient, qui est aussi le plus important, c’est vous-même; votre engagement, votre passion, votre optimisme, votre dévotion ainsi que votre entière personnalité cohérente avec l’ADN de votre projet d’entreprise.

 

Dieu merci, très tôt dans notre histoire j’ai compris l’importance du goût d’une fourchetée de nourriture capable de transformer l’intérieur d’une bouche en palais Taj Mahal. Très très tôt, j’ai aperçu dans le sourire de nos clients cet éclat de plaisir aussi brillant qu’une étoile accoucheuse de succès.

 

Avec le temps, j’ai moi aussi acheté de l’assurance. Assurance voiture, assurance maison, assurance maladie, assurance condo, assurance voyages et assurance invalidité. Cette énumération me fait comprendre à quel point l’argent achète pas mal de choses.

 

Pourtant, la plupart du temps, les choses les plus importantes ne s’achètent pas. C’est le vent qui les sème lorsqu’il s’esclaffe de joie. Et, ce sont les vaillantes cigognes aux grandes pattes qui transportent les graines aux meilleurs artisans. Un boisseau de patience est souvent nécessaire, car l’assurance-réussite tarde toujours à mûrir. Ce sont Courage, Vaillance et Détermination qui doivent aider l’entreprise à grandir. Et n’oubliez pas l’enthousiasme, car c’est le transport divin pour acheminer vos bonnes intentions. Finalement, lorsqu’arrive le succès à la chevelure argentée, lui-même se demande comment il a fait pour y arriver. Alors, tout comme moi, il cherche lui aussi une recette pour expliquer ses prouesses.

 

Cora

 

 

 

 

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