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8 octobre, 2020 |

Napoleon Hill avait raison!

Lorsque j’ai ouvert mon premier petit restaurant de déjeuners, tout ce à quoi je pensais c’était de réussir à éblouir nos clients avec une nourriture hors du commun. Je m’y appliquais toute la journée durant, et la nuit je rêvais aux magnifiques photos du dernier livre de cuisine avec lequel je m’étais endormie. Jour après jour, en même temps que j’exécutais les commandes d’œufs sur la plaque, que je tournais des centaines de grandes crêpes et autant d’omelettes sans les briser, les intrépides neurones de ma charpente s’affairaient à toujours en vouloir davantage. Allonger bien souvent l’endurance physique du corps, réfléchir à outrance aux nouvelles combinaisons d’aliments possible, rechercher, expérimenter, goûter et recommencer indéfiniment jusqu’à ce qu’un honnête bravo éclate dans ma tête!

 

Encore loin de m’en douter, j’étais en première année d’un enseignement qui ne finirait jamais. La matière évoluait au rythme de mes capacités. Et il y avait tellement d’autres sujets à maîtriser après le service d’un bon déjeuner. Tellement de cordes bien tendues à cette symphonie de compétences nécessaires pour réussir en affaires.

 

Certains matins, je l’avoue, j’arrivais en cuisine avec les bras débranchés du cœur. Surtout les fins de mois où il me fallait calculer le total des ventes mensuelles et celui, monstrueux, des frais d’exploitation afférents. Comment pourrai-je faire mieux avec seulement 29 places assises? Je me doutais bien que notre nourriture allait réussir à se démarquer. Mais j’avais tellement d’autres chats à fouetter, tellement de livres d’affaires à dévorer et tellement de CD d’illustres conférenciers à écouter religieusement.

 

Pour augmenter mon chiffre d’affaires, j’allais devoir prendre des risques : ouvrir un deuxième resto et peut-être même un troisième; offrir davantage de plats variés; créer un vrai menu? Surtout que la veille je m’étais presque saoulée de bonnes intentions à force d’entendre le CD de l’extraordinaire Napoleon Hill (1883-1970) qui explique à son auditoire « la meilleure façon de s’enrichir. »

 

« Rendez-vous, chers amis, dans n’importe quelle villede votre choix. Installez-vous-y et prenez quelques jours pour observer ce dont la population a le plus besoin et offrez-le aux gens. »

 

Quelques jours plus tard, je réalise que ce dont madame Germaine Pock a besoin pour réussir à convaincre son mari de l’accompagner chaque dimanche à notre resto, c’est ma promesse que OUI, nous ajouterons de grosses saucisses fumées bien rôties à notre choix de viandes matinales. Son colosse à tête carrée de mari a été élevé aux gros « wieners ». Il en a bouffé des milliers depuis l’enfance. Pourtant, encore aujourd’hui, à 50 ans passés et malgré les doigts de fée de sa Germaine dans la cuisine, Maurice insiste pour rôtir ses grosses saucisses au moins une fois par semaine, le dimanche, avec les quatre œufs brouillés juste à point.

-Oui, Germaine, ai-je répondu, tout de go.

-Amène ton homme et je te promets qu’il ne sera pas déçu.

 

Une semaine plus tard, lorsque le Maurice à Germaine se pointe dans l’encadrement de notre vestibule, il ressemble davantage à un maître-nageur de Key West qu’au vieux mineur de Kapuskasing dont elle me parlait. Avec sa chevelure en brosse poivre et sel, sa musculature parfaitement bien fumée et ses deux belles noisettes blondes dans ses blancs d’yeux, l’homme aurait pu me faire chavirer si je n’avais été aussi solidement enchaînée à ma plaque chauffante.

 

Le beau Maurice hume d’abord le nouvel environnement puis s’installe sur le tabouret vacant le plus rapproché de la cuisine. Instruite par son épouse, je lui présente son déjeuner de rêve. Deux grosses saucisses hachurées pour mieux cuire, ses œufs brouillés juste comme il les aime et de savoureuses patates rôties pour agrémenter le tout. Maurice fut enchanté de son expérience et il devint un client régulier du dimanche après la messe.

 

En lui servant exactement ce que son cœur désire, nous avons gagné non seulement un nouveau client, mais aussi un nouveau déjeuner baptisé sur le champ « EGGS MAURICE » en l’honneur de l’anglophone du nord de l’Ontario. Et, vous vous en doutez, nous en avons servi des milliers pendant vingt ans avant d’installer notre EGGS MAURICE au Panthéon des « old-timers » que nous ramenons, de temps à autre pour une durée limitée.

 

Napoleon Hill avait bien raison et je n’ai jamais oublié son précieux conseil : offrir à la clientèle ce dont elle a besoin pour être satisfaite; lui offrir ce que son cœur désire.

 

J’ai quand même eu plusieurs dimanches pour emmagasiner les magnifiques sourires du beau Maurice avant de devoir m’installer à la plaque chauffante d’un deuxième petit resto. Assez de sourires de contentement pour ne jamais oublier Napoleon Hill et pour demander au client, aussi souvent que faire se peut, ce qu’il souhaite manger. Je l'écoutais m’expliquer en détail son déjeuner favori, ce que sa chère maman lui préparait jadis enfant, ce qu’il avait vu d’exceptionnel en voyage, ou tout simplement dans une page du magazine de Ricardo. C’est en me confiant leurs souvenirs et quelques fois leurs audacieuses demandes que les clients ont fait de moi une experte de la restauration matinale.

       ❤️

     Cora

Psst : À cette première visite de Maurice, Germaine, se faisant discrète, m’offrit une platée joliment enveloppée de savoureux carrés aux dattes. Et oui, j’ai aussi obtenu sa recette, et encore oui, je vous la communiquerai lorsque les feuilles d’érable commenceront à rougir.

 

 

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