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17 décembre, 2020 |

Quatre gros sapins de Noël ....

Trente-trois ans déjà et pourtant je me souviens, comme si c’était hier, de l’effervescence que suscita ma promesse déraisonnable d’installer pour Noël quatre grands sapins verts de six pieds chacun dans notre premier petit resto endimanché pour l’occasion.

J’avais eu l’idée en découpant la pâte brune des petits sapins à la mélasse que j’allais servir comme dessert pour accueillir le premier décembre en 1987. Ça faisait déjà cinq gros mois que le resto était ouvert et à mesure que la clientèle affluait, notre audace grossissait.

— Boss, t’es encore tombée sur la tête en clouant tes pancartes! s’exclama Platon, notre nouveau plongeur antillais?

— Fais-nous plutôt une bûche en gâteau comme on en voit partout dans les vitrines des magasins, ajouta-t-il en insistant pour nous dire à quel point il raffolait des pâtisseries.

 

Et moi de lui promettre un gâteau aux carottes juste pour lui, pour emporter à la maison. Évidemment à la condition qu’il puisse, un soir après la fermeture, m’aider à installer ma gigantesque surprise.

— Marché conclu, madame la boss.

 

À quatre pattes sur le plancher du salon de l’appartement, je taille dans une grande pièce de tissu vert flamboyant, quatre immenses sapins matelassés que nous installerons, le moment venu, dans les quatre fenêtres latérales du boui-boui.

Sur les sapins, je couds à la main, chaque soir des semaines précédant Noël, des cercles de feutre multicolores, des guirlandes de rubans disparates, des flocons de ouate blanche, des petites étoiles façonnées dans du satin bleu, des gros boutons argentés, de véritables petites cannes en bonbons et les huit petits oiseaux de coton à plumes roses qu’une vieille cliente m’avait apportés un jour « au cas où ça pourrait servir à quelque chose dans le restaurant ».

 

Les sapins sont plantés quelques jours avant Noël, à la hauteur du cadre de chaque fenêtre, juste à la portée des petites mains d’enfants ébahis qui ont le droit d’y toucher à la condition d’attendre le lendemain de Noël pour détacher les petites cannes bariolées rouge et blanc.

Sur le faîte de chaque arbre, une grosse étoile en brocart jaune scintillant est confortablement assise, comme si elle se reposait d’y avoir elle-même grimpé.

C’est pourtant notre brave Platon qui grimpa sur une chaise, elle-même posée sur une table, pour s’assurer de bien accrocher chaque étoile au sommet de chaque arbre.

 

Parmi tous ceux qui croquaient nos petits sapins à la mélasse, personne n’avait osé croire aux promesses de la cuisinière audacieuse. Et la surprise fut extravagante dans le déploiement de ses exclamations. Si bien que l’émerveillement devant les quatre grands sapins s’exprima quasi chaque jour de façon différente jusqu’au printemps.

Cette forêt multicolore s’avéra aussi un magnifique cadeau pour moi puisqu’elle allait demeurer en permanence, épinglée dans ma tête. Chaque fois que je la ramènerai devant mes yeux, je serai éblouie du pouvoir extraordinaire de l’imagination créative.

 

Cette année, en 2020, nous avons tous besoin de sortir notre forêt imaginaire de l’oubli. Pour être capable d’entendre les rires de nos proches, capable de ressentir leurs câlins et de goûter à leurs gâteries. Restreints dans nos épanchements, utilisons notre imagination créative, chacun et chacune à notre façon, pour agrémenter le temps des Fêtes.

 

Malgré le travail et tout le tralala du temps des Fêtes, ça fait presque cinquante ans que je prépare un réveillon de Noël pour mes enfants, leurs rejetons, leurs amis proches et quelques personnes esseulées. Je peux donc facilement m’imaginer que cette année, au lieu de dresser deux tables de 14 personnes dans ma grande cuisine, je vais plutôt passer tout le mois de décembre à jouer à la mère Noël qui cuisinera tout ce qu’ils adorent et au père Noël qui ira livrer à leurs portes les précieuses spécialités du temps des Fêtes.

 

C’est tout décidé en l’écrivant.

Je ferai d’abord au moins une dizaine de grosses tourtières au porc et veau agrémentées de petits dés de pommes de terre et d’épices de saison. Ensuite une immense casserole de ragoût de boulettes. De délicieuses pattes de cochon braisées, des quartiers de dinde cuits au four, de la purée de patates, de la purée carottes-navets et un sublime gratin de patates douces dont les enfants raffolent. J’ajouterai aussi des cretons, mes délicieuses fèves au lard et mon célèbre jambon pour le déjeuner du lendemain. Puis, pour chacun, un échantillonnage de mes confitures maison et, si j’ai le temps, un gros pot du meilleur caramel au monde.

J’emballerai toutes les denrées avec amour et papier transparent rouge Noël. Et je serai aussi heureuse que si tout le monde avait été avec moi dans la cuisine.

Vers le 22 ou 23 décembre, habillée chaudement avec une tuque de père Noël sur la tête et un masque au besoin, j’irai faire mes livraisons en écoutant de la musique de Noël dans ma Mini Cooper.

               ❤️

            Cora

Psst : Il n’est jamais trop tard pour adopter de nouveaux comportements. Jamais trop tard pour découvrir une vertu décisive comme la résilience, cette capacité à s’adapter à de nouvelles situations. Ni trop tard pour envisager plusieurs scénarios et ne pas s’enfermer dans une seule histoire.

Résilients, les crises passeront et nous resterons debout.

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