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14 mai, 2021 |

Riviera Maya, margarita et guacamole bien épicé!

Une caravane de gros nuages traverse mon ciel ce matin tirant avec elle le magnifique souvenir d’un voyage à Riviera Maya. Cela remonte à plus de vingt ans et pourtant mes bras s’enflamment juste à penser au soleil dominant Quintana Roo dans la péninsule du Yucatán.

 

Saviez-vous, chers lecteurs, qu’un citron trempé dans l’eau chaude quelques minutes ou passé au micro-ondes quelques instants, donnera davantage de jus?

 

Me voici donc à me réchauffer moi aussi sur le sable blanc du Mexique avec la couenne badigeonnée à l’Ombrelle 45. Et je ne peux faire autrement que de remarquer tous ces magnifiques hommes accrochés aux bras de femmes quasi aussi ordinaires que moi. Comment diable font-elles pour les attraper? Ont-ils poussé là depuis toujours? Se sont-ils rencontrés à l’aube des temps; dans l’arche de Noé? Se sont-ils épanouis ensemble?

 

Je cherche désespérément à comprendre comment les êtres s’attirent les uns les autres; comment fonctionne l’amour humain en dehors des enfants et du métier?

Certaines copines me disent qu’il s’agit, pour la plupart, de couples reconstitués. Comme ajouter au mélange sec deux œufs et une tasse d’eau pour ensuite brasser jusqu’à la consistance désirée et mettre au four trente-cinq minutes? Je me souviens de Pauline m’affirmant que c’est presque aussi bon que la recette originale. Et de Sophia, elle-même reconstituée, me jurant que c’est souvent meilleur.

 

Moi qui casse des œufs depuis toujours, je suppose que je n’ai pas encore appris à en mettre quelques-uns dans le bon bol. Et comment aurais-je pu? Alors que je n’ai jamais eu le temps de sortir de mes cuisines; de m’intéresser à autre chose qu’à la business. Moi, si peu équilibrée, je n’ai pas su compartimenter ma vie ni prendre le temps d’approfondir un magnifique regard.

 

Diantre! Les adonis étendent de la crème sur les épaules de leur dame. Ils courent après leurs chapeaux de paille que le vent emporte et, le soir venu, tout beaux et tout parfumés, ils ouvrent pour elles les ventres des petits crabes frits servis au buffet. Jeunes ou vieux, matin, midi et soir, les couples sont seuls au monde cherchant à se faire de nouveaux amis, à rire de leur espagnol baragouiné, ou tout simplement à brunir étendus l’un contre l’autre sur le sable comme les deux toasts d’un même sandwich. Incroyable! Il lui enlève les filaments de ses tangerines. Je suppose que c’est ça être en amour. Toujours vouloir se rendre utile pour l’autre. Toujours essayer de lui faire plaisir.

 

Comment aurais-je pu penser à tout cela quand c’était le temps d’y penser? J’avais si peu de temps libre et tellement de travail devant moi. Je me souviens, juste après le divorce, des efforts acharnés que j’ai dû déployer pour avoir les moyens de nourrir les enfants, les vêtir, payer le loyer et l’essence pour les déplacements. Ma tête était envahie d’angoisse et d’apitoiement. J’avais trente-trois ans, j’étais magnifique, et pourtant j’ignorais que je valais quelque chose. J’ignorais qu’un nouvel homme pourrait m’aimer véritablement et consentir à mon bonheur.

 

J’ai plongé dans le travail avec un cœur, un corps et une tête entièrement libres de tout attachement. Pas surprenant que j’aie pu abattre autant de boulot. Et les rares fois où je pensais à autre chose qu’au travail, j’essayais de me convaincre qu’un gentil prétendant traverserait un jour ma route et que je saurais m’en accommoder. J’étais loin de me douter que pour moi, la business serait un plongeon dans un océan sans fond. J’ai nagé courageusement et le temps a passé.

 

Pourtant, aujourd’hui, j’envie ces bienheureuses femmes qui se font nettoyer le sable entre les orteils par leur amoureux. Le célèbre Maslow, avec sa hiérarchie des besoins, ne serait pas très fier de moi parce qu’après avoir atteint une acceptable sécurité, j’ai complètement escamoté l’amour. Maudite indépendance qui me donne la réussite pendant qu’à la table voisine, l’homme retire pour sa douce moitié la peau des minuscules ailes de poulet mexicain. Je la vois, elle, prendre la viande maigre du bout des doigts et la porter à sa bouche rose et délicate. Je vois ses yeux turquoise murmurer à son homme des promesses coquines qu’il savoure entre deux gorgées de cerveza. J’envie tellement tous ces petits gestes du quotidien amoureux; ces retours d’affection et ces partages d’intentions.

 

Toutes ces années en cuisine j’entendais, entre les assiettes, des clients parler de leurs voyages dans le Sud et ça me semblait incompréhensible; inimaginable pour moi. Dieu merci, toutes ces bonnes choses qui auraient pu m’arriver n’ont pas pu me distraire de mon œuvre parce que j’ignorais leurs réelles existences.

 

16 h 32, heure locale

Maintenant agglutinés autour de la piscine privée des VIP portant la même couleur de bracelet que moi, les couples cherchent encore le soleil. Rouges comme des homards tout juste sortis du chaudron, les princes apportent aux princesses leurs daiquiris dégoulinant sur le marbre dispendieux de l’Iberostar Grand Paradiso. Contentées et splendides, ces amoureuses étirent leurs membres alourdis, se relèvent des chaises longues, avancent de quelques pas et s’installent dans les marches de la piscine pour siroter leur alcool. Elles parlent de leurs idoles du moment, de leurs téléséries préférées et de leurs prochains voyages de rêves.

 

17 h 40 heure locale

Le soleil vient de disparaître derrière la ligne d’horizon et une légère noirceur embrume le paradis mexicain. Ayant regagné leurs chambres, les couples se préparent au cérémonial du souper dans les restaurants thématiques. La terrasse est silencieuse, mais il fait encore très chaud. Toute seule dans la grande piscine lapis-lazuli, je flotte les bras en croix avec la tête quasi immergée dans le bonheur. Oui, oui, à bien y penser, moi aussi je suis heureuse; contente du chemin parcouru, fière d’avoir persisté et comblée d’avoir enfin le loisir de profiter de véritables vacances. J’ai accepté la responsabilité de ma famille, j’ai trimé fort et j’ai découvert une énergie magnifique. J’aime à penser qu’en faisant tout cela, j’ai aussi incité mes enfants et mes collègues à faire le même cheminement pour eux-mêmes. Maintenant que je me connais mieux, j’apprends à m’apprécier. Et plus je suis capable de m’aimer, plus il m’est possible de croire que quelqu’un d’autre puisse le faire.

        

      Cora

Psst : Ce midi dans les Laurentides, le soleil a chassé les gros nuages. Il fait 20 °C et au lieu d’avoir envie d’un bon sandwich pour le lunch, je m’ennuie du grand buffet de l’Iberostar. Je m’ennuie aussi du bleu de la mer, des fleurs magnifiques, des cactus géants, des papayes délicieuses, des margaritas et surtout du guacamole bien épicé.

 

 

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