Cora restaurants are hiring, be part of the team!

L’amour du guacamole est universel! C’est ce que nous avons compris en voyant la
popularité du nouveau Grilled-cheese Nacho, grande vedette du Festival Sandwich,
accompagné de son savoureux guacamole.

Cora souhaite continuer à ensoleiller vos journées en vous offrant une recette de
guacamole maison à faire pour votre prochaine soirée en famille ou bien pour
simplement épater vos amis!

À vos couteaux!

Rendement

6 portions

Ingrédients

Méthode

  1. Dans un bol, à l’aide d’une fourchette, écraser la chair des avocats avec le jus de
    citron. Ajouter le reste des ingrédients. Saler, poivrer et bien mélanger.
  2. Servir en trempette, avec des croustilles de maïs.

Astuce Cora

Donnez une twist complètement fruitée à votre guacamole en y ajoutant
des fraises fraîches et un piment jalapeno haché finement.

J’ai beaucoup hésité à publier l’histoire de la GROSSE PATATE SUR LE DIVAN ROUGE. Bien que je l’aie écrite tout de go, allais-je oser publier mes accès de fainéantise aussi facilement? J’ai donc choisi de fermer mon ordinateur et une fois la tête sur l’oreiller, de demander à la nuit un bon conseil.

Étrangement, j’ai dormi comme un poupon. Et au réveil, j’avais le sourire aux lèvres. Je n’avais plus l’impression de vous avouer un quelconque travers de ma personnalité, mais plutôt une vérité toute simple, un réflexe peut-être, une façon de compenser l’enfermement et l’immense solitude que nous cause cette affreuse pandémie.

La lettre a été publiée le dimanche 23 janvier dernier et vous m’avez tous et toutes accueillie avec respect, compassion et amitié. En lisant vos commentaires, je n’étais plus isolée dans ma maison ni déconfite sur le divan rouge. J’avais plutôt l’impression d’être assise avec vous, à votre table de cuisine, comme deux copines discourant des faits divers de la région.

Vos multiples commentaires sont entrés dans mon cœur tel un hâtif printemps arrivé sans crier gare. Plus que jamais, vos délicieux commentaires m’encouragent à continuer d’écrire. Sachez que chaque semaine votre indéfectible présence me rassure.

Bien souvent, j’ai l’impression de vous avoir tout raconté de l’entreprise, des ouvertures de restos, de la création des plats au menu et des aventures de l’enfance. Et pourtant, chaque fois que je pense à vous, chers lecteurs et chères lectrices, on dirait qu’un miracle se produit. Une histoire oubliée refait surface; un souvenir ressuscite tout d’un coup, une corneille converse avec moi, un loup entre dans ma cuisine. Oui, oui, on dirait que votre constance à me lire attise ma verve et mon imagination créatrice. Comme si une bonne fée tirait vers moi les ficelles magiques de l’écriture.

— Mille mercis à chacun de vous, chers lecteurs. Et UN GROS BRAVO à madame Madeline R. qui m’a donné la très bonne idée de commencer à apprendre quelque chose de nouveau; une technique qu’elle-même a mise en pratique en s’inscrivant à des cours de guitare à 69 ans. Elle en est bien fière.

— Merci à dame Jennifer R. qui me suggère un abonnement à un lot de magazines populaires. Je dévore les magazines et je n’ai jamais eu l’idée de réfléchir à un abonnement, mais je vais me renseigner. Comme je vis à la campagne avec une petite case postale, je devrai être plutôt raisonnable.

— Merci à Doris S. pour ses bons mots. Moi aussi je fais des casse-têtes. J’adore ça et comme vous j’en choisis maintenant des 500 morceaux un peu plus gros que la moyenne. On dirait que faire des casse-têtes tranquillise mon esprit. Et j’en profite pour écouter de la grande musique, surtout du baroque.

— Merci à miss Kathy S. qui m’a fait réaliser que, sans la pandémie, je n’aurais peut-être jamais eu l’occasion d’écrire ces « Lettres du dimanche » ni de reconnecter avec ma passion de jadis pour l’écriture. Vous avez tellement raison, chère Kathy.

— Un gros merci à Mireille T. qui me supplie d’être moins sévère avec moi-même. Toute ma vie, j’ai mis la barre très haut comme une fofolle qui pensait avoir quelque chose à prouver. Il est temps de me calmer et d’apprécier, à l’occasion, un très bon film.

— Bravo, Michelle, M. pour votre vélo stationnaire. Ça fait depuis le début de la pandémie que j’en veux un, mais je ne fais que penser. Vous êtes une véritable active!

— Merci, Louise M. pour vos bons conseils. Comme vous dites « lorsqu’on est un peu plus âgée, on doit être plus vigilante car on est sur le pilote automatique. Il faut activer la machine car elle risque de s’encrasser et de s’arrêter. » Je vais m’activer, je vous le promets.

— Merci, cher Jonathan K. de Red Deer (Alberta) pour votre précieux conseil. Mais, serai-je un jour capable de donner ma télévision aux bonnes œuvres de la paroisse? J’en doute.

— Merci Michelle D. Vous m’avez donné une excellente suggestion. Lorsque le divan rouge devient trop confortable, je vais me lever et marcher dans la maison. Quitte à faire plusieurs fois le tour de ma grande table de cuisine. Votre grand-père marchait dans le corridor, dites-vous? Le mien faisait exactement la même chose lorsqu’il venait nous visiter en hiver. Je vais m’y mettre, je vous le promets.

— Merci Murielle G. pour cet adorable bouquet virtuel tout rempli de jolis papillons. On dirait un beau clin d’œil à l’été. Dieu que j’ai hâte qu’il fasse chaud.

— Chère Irene S., vous qui avez été active toute votre vie à titre de conseillère en voyage et hôtesse pour les groupes d’aînés, vous avez raison de considérer votre vie actuelle comme assez pathétique. Je pense, comme vous, que cette saudite pandémie nous vole de précieuses années. Mais, comme vous le dites si bien :

« SOYONS BÉNIS D’ÊTRE ENCORE VIVANTS »

Cora

Oui, oui, vous avez bien lu, il m’arrive de me comporter comme une grosse « patate sur le divan ».

N'ayant nulle part où aller et personne à qui parler, j’ai le cœur gros et trop triste bien souvent.

Alors pour me changer les idées et meubler ma solitude, il m’arrive de passer des heures et des heures à visionner des téléséries qui ont drôlement l’art de capter mon attention. Je regarde tout et rien en attendant qu’un quelconque bon géant capture le terrible Omicron et me délivre de ce nouvel esclavage.

Mes responsabilités diminuées aux trois quarts, vais-je attendre qu’un Boeing atterrisse dans ma cour pour m’envoler? N’ai-je point encore besoin d’arpenter le monde avant d’en finir avec la vie?

Me voici donc triplement vaccinée, confinée, et quasi-victime de toutes ces histoires préfabriquées qui ne servent qu’à m’étourdir. Oui, oui, oubliant qui je suis, je m’enfonce dans le divan de velours rouge telle une grosse patate impuissante. Je deviens une irresponsable, incapable d’accuser son agresseur. Le véritable coupable me rend folle puisqu’il gambade à son aise dans toutes les villes de la planète, aussi minuscule qu’invisible.

N’ayant à ma portée aucun philosophe prêt à me secourir ni une maman encore vivante pour me réprimander, ma valeur existentielle périclite. Je réalise pour la première fois que la télé est une véritable drogue m’empêchant d’être moi-même et responsable de mes choix. J’ai peur aussi que cette léthargie mondiale affecte notre entendement.

La plupart du temps, lorsque j’approche du monstre télé, mille excuses me viennent en tête : j’ai cuisiné, j’ai nettoyé, j’ai lu et j’ai écrit mon lot de paragraphes. Et que faire d’autre? Mon divan de velours rouge est tellement confortable que je m’y enfonce bien souvent pour une petite heure qui finit par s’éterniser.

Veux veux pas, mon mode de vie en prend un coup. Jadis, avant cette pandémie mondiale, je n’ouvrais jamais la télévision avant le coucher du soleil. Et maintenant, c’est « bar ouvert » à toute heure du jour. Enchaînés au monstre télé, n’avons-nous point l’impression de subir notre divertissement au lieu de le choisir?

De toute ma vie, je n’aurais jamais cru qu’un écran de télé prendrait autant de place dans mon quotidien. Sous prétexte d’écouter les informations de notre premier ministre et de ses sbires médicaux, bien souvent j’ouvre la gueule du monstre à midi tapant. Et le cirque entre dans ma tête.

Après le décompte des hospitalisations, les malheureux décès, le pourcentage de soignants inaptes au travail, et toute autre information pertinente, l’écran nous attire en défilant les nouveautés de la saison, les films en primeur et cent autres distractions toutes aussi addictives que mes délicieux caramels maison.

Lorsque je regarde la télé, ma personnalité n’existe plus. Transportée par l’histoire en cours, je ne suis qu’une paire d’yeux affamés de sensations. Je fais partie du drame, mon esprit s’entortillant au malaise de chaque personnage. Esclave de la télé, je deviens un gros légume fasciné par l’écran. Je ne chiale même pas lorsque quatre longues pauses publicitaires entrecoupent un petit épisode.

Je déteste vraiment cette dernière version de moi-même. En l’écrivant ce matin, je prends conscience de la gravité de la situation. Et j’ai bien l’intention de ralentir mes transports entre la cuisine où j’écris et le salon où je gaspille mon temps.

Ma véritable réalité c’est que, depuis le début de la pandémie, ma mémoire s’est activée à vous raconter une centaine d’histoires vraies qui me sont réellement arrivées au cours de ma vie. La création de mon entreprise, mon enfance, ma vie de jeune maman, de femme d’affaires, de retraitée et finalement de scribe bien intentionnée.

Cette démarche d’écriture est très importante pour moi. Elle me réconcilie avec ma grande passion de jadis. Et enfin délivrée des aléas de la vie, je peux m’y consacrer. Je n’ai donc plus une minute à perdre à outre manger des histoires inventées qui ne servent qu’à me voler du précieux temps.

Je ne condamne pas la télé, au grand contraire c’est un excellent média d’information et de divertissement. Mais ELLE, CETTE GROSSE PATATE QUE JE DEVIENS LORSQUE J’ABUSE DES BONNES CHOSES, ELLE DOIT ABSOLUMENT SORTIR DE MON SALON.

Oui, oui, vous avez bien lu. Je l’ai écrit en grosses lettres pour vous signifier que je m’y engage.

Le temps qu’il me reste à vivre et à écrire est beaucoup trop précieux pour que je le gaspille en balivernes. N’êtes-vous pas d’accord avec moi?

Cora ❤

Depuis ma découverte de l’alphabet en première année, j’ai commencé à écrire et je n’ai jamais vraiment arrêté. Toute petite, j’ai tout de suite été éblouie par le pouvoir magique de chaque voyelle ou consonne servant à la transcription des sons de notre langue. Et j’ai vite appris à reproduire dans mon petit cahier d’écriture tous les signes graphiques de l’alphabet. Je jouais à accoler trois ou quatre lettres ensemble pour former un mot ayant une signification bien précise comme : CIEL, MOI, OUI, BLEU, VRAI, SOIR, FILLE, ŒIL, PAPA, JOUR, CHAT, BÉBÉ, PEUR, NUIT, FÊTE.

J’étais fascinée par la magie de ces petits mots pouvant désigner tantôt une chose aussi immense que le CIEL, et tantôt un moment aussi noir que la NUIT. Cette découverte fut pour moi plus précieuse que l’OR de la bague de maman. Oui, oui, vous avez bien lu : un si petit mot pour un métal aussi précieux.

Ayant vite compris le pouvoir des mots, quels qu’ils soient, j’étais doublement heureuse d’avoir la possibilité d'en apprendre davantage, et surtout, de m'exprimer de mieux en mieux, en silence sur la page. J’ai vite préféré l’écrire plutôt que de le dire tout haut, lorsque j’étais fâchée contre frérot. Bien souvent j'écrivais ma peine au lieu de pleurer lorsque je voyais maman trop triste.

Écrire devint à l’adolescence l’ultime refuge à tous mes états d’âme. Bien souvent, je noircissais la page essayant de découvrir qui j’étais face aux choses qui survenaient. J’écrivais sans doute en vain puisque chaque jour, chaque chose et chaque événement me transformaient en une nouvelle personne à découvrir.

Toute petite, l’écriture me servait à réinventer mon quotidien. Je me souviens d’un texte que j’avais écrit en troisième année dans lequel j’imaginais une cuisine époustouflante de joie avec maman tout de rose vêtue et mettant au four le pouding préféré de papa. Elle l’attendait en fredonnant pendant que nous, les enfants, étions cordés sur le grand banc de la galerie, nos yeux scrutant l’horizon. Puis, soudain, un minuscule point bleu émergeait du lointain et avançait sur la route 132. Nous sautions de joie lorsque l’automobile bifurquait sur notre lot. Et papa, tout mince et rayonnant de bonheur, montait les marches au galop tellement il avait hâte de nous gratouiller les joues avec sa barbe piquante.

J’ai noirci des centaines de pages à me faire accroire que nous étions une famille parfaite. À quinze ans, j’ai même commencé à écrire des poèmes pour mieux dissimuler la tromperie que j’entretenais d’emblée dans mes longs textes. Influencée tout probablement par Verlaine et Raimbault, ma poésie beaucoup plus réaliste était capable de faire valser ensemble noiraude tristesse et franche allégresse.

Puis la vie, la vraie, m’est tombée dessus à l’aube de mes vingt ans : un enfant arrivé trop tôt, un méchant mari, tous mes rêves brisés et une réalité encore pire que la cuisine de mon enfance. L’écriture a vite foutu le camp me laissant aussi seule qu’un unique lapin cherchant une carotte dans le Sahara. Deux autres enfants m’ont empêchée de mourir de chagrin. Et l’époux s’est enfui permettant à la vie de me revenir. Trente ans sont passés à gagner notre croûte, à créer une belle entreprise pour laquelle j’ai tout écrit, de la simple recette à l’histoire détaillée de chaque avancement significatif.

Puis, vieillotte aguerrie, j’entame mon dernier quart de siècle. À la retraite et bien au chaud, voilà qu’une pandémie mondiale nous enferme dans nos chaumières.

Acceptant mon sort, un véritable miracle se produit. Tel un ange se matérialisant devant moi, l’ÉCRITURE s’empare de moi. Plus fougueuse et exaltante que jamais, elle devient ma raison de vivre, mon passe-temps favori et la nourriture de mon contentement.

C’est donc avec cette volonté de demeurer tout près de vous, très chers clients, que j’ai commencé à vous écrire chaque semaine une belle lettre parlant de tout et de rien; du passé, du présent et d’un avenir fantastique qui nous attend. Bien souvent, je constate que des miracles de souvenance arrivent dans ma tête et me font vous raconter toutes ces histoires des déjeuners de chez CORA, de l’ouverture des restos, et de tout ce que je pensais avoir oublié.

ÉCRIRE c’est magique; ça ne s’explique pas! ÉCRIRE c’est comme ouvrir des fenêtres imaginaires, dessiner des ponts vers demain, arroser des fleurs célestes et accueillir des cigognes venant de nulle part. Ça ne s’explique pas. Ça ne s’enferme pas.

ÉCRIRE c’est un trésor à la portée de tous. Ainsi, plusieurs écrivent pour désherber leur jardin avant de quitter leur vie ici-bas. D’autres veulent laisser une trace de leur passage. Moi j’espère être capable de vous laisser des lignes blanches vers demain; de grandes pages blanches où vous pourrez vous déposer de votre vivant. Je vous souhaite des trous dans le ciel par où vous pourrez vous immiscer dans la magie du monde.

Je vous souhaite de découvrir en vous cette « folle du logis » que l’on nomme IMAGINATION.

Je vous souhaite également de rencontrer la princesse INSPIRATION, celle-là même qui arrive à magnifier tous vos rêves.

Et puisse l’an 2022 ramener à tous ❤️la sérénité, ❤️l’espérance et notre chère ❤️ liberté de jadis.

Cora

En été, toutes petites, nous mangions de la morue fraîche trois à quatre fois par semaine. Le vendredi, c’était du hareng fumé réchauffé dans le four du poêle à bois et qui dégageait une odeur de fin du monde qui empestait toute la cuisine. Il y avait tellement d’arêtes à éviter qu’il fallait toujours avoir la bouche pleine de mie de pain pour contrer le pire. Maman aimait le hareng et nous, les petits, nous le mâchions gaiement juste pour lui faire plaisir tout en faisant semblant de ne pas entendre les faibles « eurks » de la toute petite. Souvent le vendredi, lorsque la douleur des mains de maman s’endormait, elle préparait pour dessert un pouding chômeur. Et c’était la fête dans la cuisine. Pendant que sur le poêle eau et cassonade mijotaient dans le pyrex, maman mélangeait dans un bol le lait, la farine, la poudre à pâte et un œuf ou deux ainsi que trois gouttes de vanille. Puis avec l’aide de la grosse cuillère à sauce, elle déposait dans le liquide très chaud la pâte qui commençait à gonfler. Ce dessert était tellement bon que nous léchions notre assiette. Un vendredi de pouding chômeur était, aux dires de papa, le meilleur des repas.

Dehors, durant l’été, il y avait toujours une centaine de petits capelans (des petits poissons de trois à quatre pouces de long) que l’on séchait au soleil plusieurs jours avant de les dévorer tout rond.

Grand-père Frédéric surveillait lui-même le séchage, le durcissement des petits corps étendus au soleil ainsi que le calendrier pour calculer la date exacte où nous pourrions nous régaler. Même la toute petite tétait avec avidité le minuscule animal sacrifié au genre humain.

À huit ans, un oncle m’a fait monter dans sa barque de pêcheur. Il a installé mes deux mains à chaque extrémité d’un court bâton sur lequel avait été enfilé un rouleau de gros fil de plastique dont l’extrémité, que je devais jeter à la mer, était garnie de trois gros hameçons disposés en triangle.

Moi qui étais habituée d’attraper les petites truites du ruisseau avec un gentil ver de terre au bout de ma ligne, j’étais bouche bée et apeurée par la brutalité des vieux pêcheurs.

-Allez! cria l’oncle. Tire la ligne si tu sens de la résistance. Il s’agit d’attraper le poisson par le ventre, ajouta-t-il.

Et à cet instant, toute l’eau de l’océan grimpa dans mes yeux et je me mis à pleurer.

Ce qui poussa l’oncle Gaston à déclarer que les femmes n’étaient pas faites pour grand-chose.

Je voulais, ce matin, vous raconter l’histoire du gros poisson que j’ai dessiné quelques mois après avoir cédé à mon jeune fils mon titre et mes responsabilités de PDG. J’étais contente de l’avoir fait pour qu’il puisse devenir un grand président, mais j’avais le cœur gros de me départir d’autant de responsabilités. À cette époque, mon travail était toute ma vie et j’étais loin de me douter qu’une nouvelle vocation m’attendait, qu’une pandémie arriverait et que tout doucement je recommencerais à écrire, heureuse de retrouver ma passion de jeune fille.

Mon poisson de papier mesurait quelque soixante pouces de haut : la largeur de ma table de cuisine. Il avait un énorme ventre à l’intérieur duquel, de chaque côté de sa raie, j’avais dessiné une vingtaine de grosses arêtes sur lesquelles j’avais écrit à l’encre rouge chacune des pertes réelles que l’abandon de mon titre m’avait causées.

Comme dans la barque de l’oncle Gaston, plusieurs larmes tombèrent et brouillèrent l’encre rouge des pertes : perte de popularité, perte d’intérêt, perte d’opportunités, perte de défis, perte de raison de vivre, perte d’enthousiasme, perte de confiance en moi, perte d’amis du métier, perte d’habilité à force de ne rien faire, perte de jugement à force de ne pas l’utiliser, perte d’imagination à force de ne rien avoir à créer.

Et perte de temps précieux à vous raconter ma vie de long en large tant et aussi longtemps que je restais obnubilée par ce vilain requin. Je l’ai finalement emprisonné entre le mur du salon et le dos d’une immense bibliothèque bourrée de livres d’affaires inestimables que je garde pour mes petits-enfants.

J’aurais peut-être dû brûler ce poisson de malheur ou le boucaner comme un hareng jusqu’à ce qu’il crève. Mais je l’ai gardé et, chaque fois que je traverse le salon, mon cœur tressaille de joie. Savoir qu’il est là, à proximité, me rappelle à quel point je suis guérie; à quel point j’ai quand même été capable de m’accrocher à la vie, à l’écriture et au bonheur d’une existence paisible à la campagne. Je conclus en voulant vous rassurer. Je vais bien, n’ayez crainte. Mon cahier d’écriture et moi sommes très heureux et nous vous sentons, très chers lecteurs, omniprésents dans nos cœurs.

❤️ ❤️

Cora

J’ai commencé très tôt à écrire mes résolutions du jour de l’An. Des tas de petites choses à faire absolument pour améliorer ma condition. Plus belle en perdant absolument quelques livres disait la tante Magella; plus savante disait papa en étudiant davantage et plus gentille en aidant maman sans qu’elle doive me le demander. Ce dont je me souviens surtout c’est d’une persistante impression de ne jamais être à la hauteur. De ne jamais être félicitée ni encouragée par mes proches. Sauf, il faut le dire, par la religieuse qui enseignait le français au primaire et qui avait dit à ma mère devant moi que j’écrivais bien, mais que ma page de composition était chaque fois bourrée de fautes.

Et Dieu merci, je me suis mise à lire à outrance pour améliorer mon vocabulaire. À l’adolescence, je me souviens que chaque soir dans mon lit, j’épluchais le gros dictionnaire Larousse, recopiant dans un calepin chaque mot que je ne connaissais pas.

Au collège j’étais devenue la plus sérieuse des jeunes filles parce que j’avais un but : améliorer mon écriture et devenir écrivaine. Et peut-être est-ce à cause de cette trop grande passion que mon rêve s’est effondré. À cause aussi de ma totale ignorance des autres choses qu’une mère aurait dû apprendre à sa fille. Tel un gâteau dont aurait oublié de mettre de la poudre magique, le mariage obligé qui s’en suivit fut un total fiasco.

Et pourtant, la vie, tel un fleuve agité de toutes parts, continua de descendre vers la mer, entraînant avec elle bambins magnifiques, amers chagrins et minuscule houle d’espérance.

En 1980, pauvre comme Job, je devins pourtant la plus heureuse des femmes libres de ce monde. Je me souviens, j’avais 33 ans, trois enfants quasi-ados et « un avenir mirobolant devant nous », m’amusais-je à leur promettre.

Incapable de trouver du travail à la hauteur de mes diplômes d’études datant déjà de 15 ans, j’avais vite été engagée en restauration, comme la plupart des mères monoparentales de cette époque.

Travaillant très fort, je me souviens, je trouvais toujours du temps pour lire les journaux et tous les magazines me tombant gratuitement entre les mains. Je nous cherchais ardemment une nouvelle vie et surtout un métier capable d’améliorer pour de vrai notre triste destinée.

À cette époque, mes premières listes de résolutions m’incitaient toutes à perdre dix kilos, à faire de l’exercice dans un gym ou à stationner mon auto à 5 rues du resto où je travaillais pour marcher deux fois par jour la distance. Certes, je devais améliorer mon apparence, m’habiller mieux, être plus en forme, augmenter mon salaire et, avec le temps, vivre dans un meilleur logis.

Acharnée, de petite hôtesse à l’accueil, j’avais été promue gérante de soir, puis gérante de jour et 10 mois plus tard gérante générale d’un immense restaurant populaire m’obligeant à être sur place six jours et demi par semaine.

J’étais bien consciente que je ne travaillais pas chez Hydro-Québec ou dans une grande banque. Je me doutais aussi que l’avenir de mes ados allait entièrement dépendre de mon propre essor. Et je devenais plafonnée, indisponible à mes enfants et insatisfaite. Quelques années passèrent à renflouer ma liste d’objectifs anodins, puis un jour, une serveuse m’apporta un magazine oublié dans la section des gros clients d’affaires du midi. Elle ne savait pas quel client l’avait oublié. J’attendis donc quelques jours sans qu’il soit réclamé. Sept jours plus tard, je m’endormis transformée et heureuse.

Le précieux magazine contenait les résultats d’une fascinante étude menée par des chercheurs de l’Université Harvard de Boston; une étude en lien avec l’action d’écrire ses objectifs. Ils ont démontré que le 3 % des étudiants qui avaient écrit leurs objectifs de carrière tout au long de leurs études gagnaient, en moyenne, un revenu 20 fois plus élevé que les 97 % restants. J’ai aussi lu que ces 3 % d’étudiants avaient tous en commun d’être avides d’apprendre et décidés à aller plus loin pour satisfaire leurs aspirations.

Une main divine venait de me planter une graine dans la tête.

J’allais être beaucoup plus sérieuse et proactive parce que j’étais moi aussi avide d’apprendre et décidée à tout faire pour améliorer notre situation. Après quelques recherches sur le sujet, je me suis familiarisée avec la puissance que génère le mouvement d’écrire; avec son importance.

« Écrire nos objectifs sur le papier, c’est mettre notre futur en mouvement; c’est un acte qui rend réels et tangibles nos objectifs. » J’avais copié cette phrase d’une éminente spécialiste nommée Henriette A. Klauser.

Début 1984, toutes les résolutions de ma liste s’étaient drôlement remplumées. Tels de braves soldats prêts à gagner la guerre, elles étaient toutes cohérentes avec la création de notre propre petit commerce. J’ai encore ce document préservé quelque part. Entre autres, l’ébauche d’un petit commerce que nous aurions un jour, les enfants et moi, y est décrite succinctement.

Je m’en souviens tellement. Un genre de café-viennoiseries, gâteaux maison, scones et biscottis. Nous appellerions ça « La Clownerie ». On vendrait aussi des gâteaux d’anniversaire et des costumes de clowns pour enfants. J’en faisais des tellement beaux. Et les mamans d’il y a trente ans n’avaient déjà plus le temps d’en coudre.

Une graine a pourtant germé. Et nous avons dû attendre jusqu’en 1987 pour qu’elle nous expose ses fruits : des déjeuners magnifiques avec un gros soleil comme marque de commerce.

Et chaque janvier suivant, la liste d’objectifs devenait de plus en plus sérieuse. De plus en plus bourrée de chiffres à dépasser.

En janvier 1994, alors que les enfants et moi exploitions déjà neuf restaurants et que nous nous apprêtions à devenir franchiseurs, ma fameuse liste d’objectifs est carrément devenue UN PLAN D’AFFAIRES ANNUEL.

Sans vraiment le réaliser, nos personnalités individuelles ont été englouties dans ce palpitant tsunami. Chacun d’entre nous ayant la cruelle mission d’être le meilleur. Et nous l’avons été, cumulant notoriété, multiples prix d’excellence et revenus satisfaisants.

Puis, tranquillement, aussi naturellement que les lourdes branches penchent vers la terre, je me suis retrouvée sur la voie d’évitement; en retrait pour en laisser passer un autre. Celui qui dicte le plan d’affaires annuel à sa cohorte de professionnels. Et ils le font très bien.

Quant à moi, réfléchir me fait mûrir. Et écrire s’occupe du reste!

En vous racontant, je me tiens compagnie. Et l’infinie Sagesse de l’Univers aménage mes journées.

Quelques matins, j’avance tel un funambule entre deux gouffres. Quittant un paragraphe, je me tiens prête à sombrer. Je tente d’agripper une étoile et c’est le vent qui me sauve.

Je n’ai plus besoin de planifier quoi que ce soit. Plus besoin d’écrire des résolutions ou de faire des promesses.

À chaque aube, je n’ai qu’à attendre que le soleil se lève et qu’il daigne, encore un jour, me garder grouillante d’espoir.

❤️

Cora

En ce Noël 2021, réjouissons-nous d’être vivant malgré les multiples embûches qui s’acharnent à nous compliquer la vie depuis l’arrivée du méchant virus. Nous sommes forts, combatifs et résilients malgré tout.

Chez nous, dans le bon vieux temps, je cuisinais un repas de Noël pour presque 30 personnes. Et ces deux dernières années, nous avons dû nous priver du bonheur de fêter tous ensemble. Cette année, même si on nous a concédé un certain relâchement, j’ai préféré annuler le traditionnel réveillon plutôt que d’avoir à exclure certaines personnes parce que le groupe serait trop gros. Tous les membres de ma famille et nos proches amis sont immensément importants dans mon cœur. Et il m’aurait été quasi impossible de décider qui viendrait et qui devrait s’abstenir; totalement impossible de choisir entre Patrice ou Marilou, entre Stacy ou Sergio, entre Neil ou Eric, entre Olivia ou William, entre Patricia ou Hélène, etc.

Réaliser à quel point nos proches sont précieux pour nous s’avère mon plus beau cadeau cette année. Tant qu’à nous réunir qu’à moitié, nous allons attendre encore une année pour fêter tous ensemble. Et non, je ne suis pas triste parce que déjà, je rêve à l’an prochain.

Oui, oui, me direz-vous, un méchant virus tire à peine sa révérence qu’un autre malin cogne à nos portes. Peut-être allons-nous devoir apprendre à vivre ainsi : triplement vaccinés, masqués au besoin et prudents à l’extrême.

Je suis une optimiste, je vous l’ai déjà dit, et je crois sincèrement que nous allons nous adapter à cette nouvelle réalité. Tous les domaines d’activités de l’être humain vont devoir s’ajuster. Toutes les institutions, tous nos commerces, le monde des Arts, nos cœurs impatients et nos cerveaux à l’affût y compris.

Et comme vous vous demandez peut-être ce que vous pourriez servir à votre famille avec vos restes de dinde, de tourtières et de ragoût, voici une magnifique recette de « cassolette de patates douces » de la grand-mère de ma belle-fille.

Croyez-le ou non, cette recette est encadrée et installée au mur de ma cuisine depuis 1995.
Et chaque année, j’en fais trois ou quatre casseroles tellement tout le monde veut en rapporter chez eux.

Doris Ashton a grandi dans l’État de Georgie situé juste en haut de la Floride dans le sud du grand pays américain. Dans cet État, on cultivait beaucoup la patate douce, un légume racine parent éloigné de notre pomme de terre. Doris a vite appris comment la cuisiner à son meilleur pour ensuite transmettre ses recettes à sa fille Janice et plus tard à la fille de celle-ci, Brandy Ashton qui épousa mon premier fils en 1992.

Et c’est ainsi que m’arriva cette fameuse recette garnie de pacanes grillées. Je vous assure que si vous essayez cette casserole de patates douces, vous encadrerez vous aussi la recette!

Vous aurez besoin de 3 tasses de patates douces pelées, coupées en petits cubes et bouillies jusqu’à ce que la chair soit tendre. Bien égoutter.

Ensuite, mettre dans un bol la chair et mélanger avec 3/4 de tasse de sucre, 3 c. à soupe de beurre, 1/2 tasse de lait, 2 cuillères à table de babeurre (ou 2 cuillères à table de lait avec 2 gouttes de vinaigre), 1/2 cuillère à thé de sel, 2 œufs et 1 cuillère à thé de vanille.
Bien mélanger les ingrédients et verser le tout dans un Pyrex beurré (ou tout autre plat allant au four).

Étendre ensuite la garniture suivante sur le mélange de patates douces en utilisant une cuillère. Pour la garniture, mélanger à la fourchette dans un bol 1 tasse de sucre brun, 1/3 de tasse de farine, 1 tasse de pacanes (ou de noix de Grenoble) et 1/3 de tasse de beurre fondu.
Cuire au four environ 35 minutes à 350 °F.

Je vous suggère de doubler ou de tripler la recette selon le nombre de gourmands que vous aurez autour de la table. Et s’il en reste, cette merveille se réchauffe au micro-ondes très rapidement.

Saviez-vous que les patates douces contiennent du bêta-carotène, de la vitamine A et des fibres? Les patates douces contiennent peu de sodium, et même si elles sont appelées patates douces, l’amidon qu’elles contiennent est surtout composé d’amylopectine qui lui confère un indice glycémique plus bas que la pomme de terre traditionnelle. BON APPÉTIT!

Cora
❤️
Psst : je vous confesse qu’à mes débuts avec cette recette, je me levais la nuit pour manger un petit restant que j’avais caché dans le tiroir à légumes.

De notre famille à la vôtre, nous vous souhaitons de joyeuses fêtes et une bonne année 2022.

L’histoire de ces délicieux petits carrés d’amour offerts tout spécialement pour faire plaisir au monde remonte chez nous à plus d’un quart de siècle. Après un mariage malheureux, un divorce sans provisions et sans rien dans nos poches, nous avons commencé, mes enfants et moi, l’aventure de survie familiale en 1987 dans un petit espace de restauration de 29 places assises.

La pauvreté nous a appris à tendre la main pour demander et, bien souvent, pour donner. Et c’est sans le savoir que nous sommes devenus chaleureux et généreux. À force d’avoir besoin d’amour, on s’est habitués à faire plaisir aux autres. Tout ça s’est bâti comme la mousse sur les arbres, sans qu’on s’en aperçoive vraiment. Parce qu’on était toujours prêts à surprendre un client avec notre générosité, avec un deuxième bol de soupe gratuit ou avec une pointe de dessert emballé pour emporter à la maison. D’un jour à l’autre, l’amour s’est mis à germer dans nos oreilles pour écouter de plus près notre monde; sur nos paupières pour être certains de reconnaître nos clients à chaque visite; dans nos mains pour les éblouir chaque fois; et dans le fin fond de la coquille osseuse de notre cerveau où grandissait une créativité bienheureuse.

Cette énergie salvatrice a fait son chemin à travers nous, affectant au passage notre volonté, notre raisonnement et l’imagination constructive qui allaient nous faire réussir en affaires.

Comme par magie, l’invisible sollicitude émanant de nos mains collait sur celles des autres, propageant le bénéfique virus à tous nos employés, à nos collaborateurs et, plus tard, à tous les alliés d’un réseau engagé à offrir à sa clientèle une nourriture et un service de première qualité, et imprégné d’une chaleureuse atmosphère familiale.

C’est ainsi qu’est née la tradition de donner après le repas un petit plaisir supplémentaire à nos clients. Et le plateau de sucre à la crème gratuit est vite devenu une partie intégrante de nos procédures. Chaque client recevait donc un chaleureux « Bonjour » en arrivant et une petite douceur à emporter en nous quittant.

Alors dans le but de faire plaisir à votre famille ou à vos voisins, faites du sucre à la crème et je vous garantis que vous entendrez tout un gazouillis de compliments venant de vos proches.

  1. Beurrer d’abord un plat d’environ 6 po X 10 po
  2. Préparer 2 tasses de sucre à glacer dont vous aurez besoin après la cuisson
  3. Dans une casserole, mélanger :
    • 3 tasses de cassonade pâle
    • 2/3 de tasse de beurre fondu
    • 2/3 de tasse de crème 15 % ou 35 %
  4. Et quelques pincées d’amour
  5. Porter à ébullition
  6. À partir des premiers signes d’ébullition, poursuivre la cuisson pendant 5 minutes
  7. Retirer du feu
  8. Ajouter le sucre à glacer en fouettant énergiquement avec un fouet ou une mixette
  9. Lorsque le mélange est onctueux, verser dans le plat beurré
  10. Laisser refroidir et couper en généreux morceaux
  11. Déguster avec modération et partager généreusement

La prochaine fois que vous viendrez en restaurant, prenez-en deux morceaux de ma part.

Je vous aime tellement.

Cora

Ingrédients

Préparation

  1. Dans un grand bol, défaire le beurre en crème à l’aide d’un batteur électrique.
  2. Ajouter le sucre blanc, petit à petit, jusqu’à consistance homogène.
  3. Ajouter les œufs et la vanille. Mélanger le tout.
  4. Dans un autre bol, mélanger la farine, la poudre à pâte, le sel et les fruits confits (ajouter les brisures de chocolat ou les noix, le cas échéant).
  5. Ajouter ce mélange au premier et brasser jusqu’à consistance homogène.
  6. Diviser la pâte en 3 parts égales. Les façonner en rouleaux et les emballer dans du papier ciré.
  7. Réfrigérer au moins 3 heures. (La pâte peut être congelée plusieurs semaines avant la cuisson.)
  8. Avant la cuisson, couper les rouleaux en tranches de 5 mm et les déposer sur une plaque de cuisson recouverte de papier parchemin.
  9. Cuire au four à 375 °F (190 °C) jusqu’à ce que les biscuits soient dorés (env. 10 à 12 minutes).

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