Très souvent, je me demande où j’ai trouvé la force, le courage, et surtout l’expertise pour diriger une entreprise. Comment ai-je pu accoucher d’autant de soleils dispersés à travers le pays? Je ne sais vraiment pas d’où m’est venu cet étrange destin. Mon père était voyageur de commerce pour une grande entreprise. Semaine après semaine, il partait avec sa valise d’échantillons à montrer aux commerçants locaux tout autour de la Gaspésie. Il prenait les commandes et les transférait au siège social de Toronto. C’est ainsi qu’il gagnait notre croûte, été comme hiver, avec les deux mains accrochées au volant et son gros cœur alourdi de chagrin.
Étrange à dire, mais je me souviens, en étirant ces lignes, que toute petite déjà, mon passe-temps favori était de jouer au marchand général. J’accumulais sur une table de parterre des roches délicatement polies, des plumes d’oiseaux, de beaux coquillages, des écorces de bouleau, des trèfles; tout ce que je trouvais joli dans la nature et que je pouvais vendre pour un, deux, ou trois sous. Je me contentais d’accumuler cinq ou six sous par après-midi. J’amassais les bouchons de pintes de lait qui me servaient de monnaie pour mes acheteurs. Beaucoup plus tard, lorsque j’ai voulu entreprendre de grandes études, mes parents ont tenté de me dissuader en me disant que « nous autres, on était faits pour un p’tit pain ». Puis, des années plus tard, lorsqu’il m’est arrivé de donner des conférences, j’ai fait exploser de rire de nombreuses salles bien remplies en concluant cette anecdote ainsi : « Heureusement que j’ai eu l’idée de faire des toasts avec mon p’tit pain. Oui, oui, les toasts m’ont sauvé la vie! »
Nouvelle commerçante et apprentie femme d’affaires, j’étais fermement agrippée au garde-fou pendant que des torrents d’eau coulaient sous les ponts. J’avais continuellement peur; peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas avoir étudié en restauration, de ne pas avoir de modèle dans la famille, ni personne capable de me soutenir. Mes deux parents étaient morts sans me laisser d’héritage. En 1987, j’ai commencé avec presque rien : vingt mille dollars pour l’achat du premier petit resto qui venaient de la vente de notre ancien logis. J’étais pauvre, j’avais peur, mais j’avais trois enfants : une richesse incommensurable et la meilleure motivation au monde.
Mon tout premier petit resto m’a appris à devenir une bonne cuisinière. J’ai vite découvert ma créativité et l’ambitieux désir de réinventer complètement le déjeuner des Canadiens. J’ai été l’initiatrice de ce concept de restauration matinale. Dans les années 1980, les familles ne sortaient pas de la maison pour déjeuner au resto. Une très grande occasion se fêtait dans un hôtel reconnu où l’on servait un brunch du dimanche comprenant quelques plats d’œufs, des charcuteries, des salades et généralement une belle variété de desserts. Puis, il y avait les casse-croûtes de quartier ouverts assez tôt pour offrir œufs, bacon, saucisses et jambon aux travailleurs. Avant nous, personne n’avait vu de jolies assiettes de fruits frais accompagnant des déjeuners d’œufs, d’omelettes ou de crêpes maison. À nos débuts, personne ne garnissait une généreuse crêpe comme nous avec des fraises délicieuses, des bananes et d’autres fruits frais mélangés baignant dans une onctueuse crème pâtissière maison. En nous démarquant, nous sommes vite devenus très populaires.
Grâce à mon personnel, d’un resto à l’autre, l’expertise se répandait; les cuisiniers du premier resto enseignaient le métier à ceux du deuxième et ainsi de suite. Lentement mais sûrement, une grande chaîne d’établissements Cora a vu le jour. Plus les restos se multipliaient, plus ma centrale pensante tremblotait. Allais-je être à la hauteur du défi? Allais-je pouvoir apprendre suffisamment vite? Chaque soir et à chaque instant de liberté, je lisais sur tout ce que j’avais besoin de savoir. Ainsi, j’ai épluché les biographies de célèbres bâtisseurs à l’origine des McDonald’s, Starbucks, Tim Hortons, Subway et bien d’autres. J’ai lu au complet la grosse bible du franchisage à couverture bleue écrite par maître Jean H. Gagnon, toutes les publications mensuelles de la Harvard Business School et plusieurs journaux d’affaires. Affamée de connaissances et de savoir-faire, ma mission première consistait à m’entourer de gens valeureux et compétents en la matière.
J’ai souvent pensé que j’étais devenue entrepreneure parce qu’une force extérieure à la mienne avait décidé de m’entreprendre. Aussi invraisemblable que ça en a l’air, on dirait que les gens sont souvent dérangés par nos efforts. On a parfois l’impression qu’ils nous surveillent; qu’ils attendent qu’on ferme boutique. Comme s’ils allaient trouver dans l’échec du voisin une bonne justification à n’avoir rien entrepris eux-mêmes. Mais il faut continuer, bûcher, prier et finalement lâcher prise. Il faut donner le meilleur de nous-mêmes et croire que ce ne sera pas perdu. Voilà comment j'ai tenu le coup. Pas parce que je comprenais tout ça dès mes débuts, mais parce que je n’avais pas le choix. J’ai persisté et, à force de travailler, j’ai découvert à quel point j’aimais mon métier. C’est d’ailleurs cet amour du métier qui m'aida à persévérer. Et la persévérance c’est comme un constant désir d’en apprendre davantage. Parce que j’aimais mon métier de restauratrice, j’ai continué d’ouvrir des restaurants jusqu’à ce que je réalise que je pouvais enseigner aux autres comment faire. C’est là le principe même du franchisage : enseigner aux autres sa formule gagnante. J’avais enfin trouvé la façon de servir le plus de clients possible, le plus souvent possible et dans le plus d’endroits possible.
Moi qui me croyais poète, j’ai finalement appris le langage des chiffres. Je sais que la plupart des gens me trouvent chanceuse, mais j’étais sérieuse et concentrée. J’ai toujours cru aux fées bienveillantes qui prennent grand soin de moi. J'ai fourni du travail à des centaines de personnes et ça me rend fière. J’aime me remémorer mes bons coups. Par contre, ce midi, je ferme ma tablette en vitesse, je ramasse mes feuillets de notes et je m’empresse de sortir de la maison, car je ne veux pas manquer la procession d’oies sauvages qui traverse tout là-haut le bleu rose du ciel. Elles sont majestueuses avec leurs ailes grises et blanches déployées pour leur pèlerinage vers le sud. Serai-je un jour moi aussi en route vers l’ultime destination? Qui connaît l’adresse de ma prochaine vie? Qui sait combien de temps dure l’éternité? Assise à contempler la chorégraphie des oies sauvages, le soleil me réchauffe.
Cora
❤️
J’écris mes textes comme je cueillais jadis de petits fruits en été. Avec tellement de plaisir, j’adorais en remplir un gros bol pour les offrir à ma maman! Réjouie, elle nous préparait un beau renversé aux fruits pour le souper. J’examine aujourd’hui chaque mot de la même façon que je choisissais chaque fraise ou framboise; je le palpe, le chouchoute, et le dorlote jusqu’à être convaincue qu’il mérite sa place dans une phrase. J’ai toujours aimé noircir des pages et mordre dans de belles phrases qui me font réfléchir. J’empile et j’accumule les brouillons jusqu’à ce que l’ouvrage commence à mijoter.
Par la fenêtre ce matin, je contemple un ciel gris foncé, morcelé de gros nuages. D’un coup, j’ai l’impression qu’il avale tous les mystères du vaste ciel : Dieu, la maladie, la mort, la guerre, les tornades dévastatrices, Bhopal, Tchernobyl et les assassinats gratuits un peu partout sur la planète. Quelquefois, je regarde vers la voûte céleste en me faisant croire qu’il s’agit d’un immense foutoir d’incompréhension. Peut-être suis-je fautive de penser ainsi. Ma caboche ressemble à celle d’une fourmi qui ne sait pas faire grand-chose sans sa colonie de vaillantes comparses.
J’essaie de me souvenir des vieux philosophes dont j’ai étudié les vérités, mais ma tête s’enlise dans les vastes champs de l’oubli. Je me perds en conjectures et j’attends que le ciel s’éclaircisse. Cela explique sans doute mon continuel recours à la fantaisie, à l’imagination et aux immenses oiseaux féeriques qui acceptent de promener mon corps au-dessus des océans. À l’occasion, mes amies corneilles conversent avec moi, un aigle m’envoie une lettre, un loup entre dans ma cuisine, et des grenouilles coassent pour m’endormir.
Ici-bas, dans ce monde tellement grand, je me dis qu’il y a suffisamment de place pour que tous les humains puissent y vivre en paix. Pourtant, quelque part dans la tête des hommes belliqueux, il y a la guerre pour assouvir cet ardent désir de toujours agrandir leur territoire. Depuis que le monde est monde, ces soi-disant puissants seigneurs tuent pour contempler leurs possessions avec davantage d’aisance. Jadis, on brûlait des femmes qu’on croyait des sorcières et, aujourd’hui, on continue à les occire pour rien. Où s’en va le monde? Est-ce juste moi qui broie du noir? Est-ce l’écosystème qui se révolte ou le progrès qui perd la boule? Encore une de mes interrogations philosophiques pour laquelle je n’ai pas la réponse. J’ai juste des mots dans ma besace, des tonnes de mots à vous lancer pour nous divertir.
La vie peut être longue et tortueuse, parsemée de questions difficiles à élucider. Je vis dans une maison-bibliothèque qui contient des milliers de livres qui n’offrent plus de réponses à mes préoccupations actuelles. J’interroge souvent Google, qui est hyperconnaissant, mais sans âme. À ce qu’il paraît, le futur de l’intelligence artificielle sera doté de sentiments. Où s’en va le monde? Devrait-on considérer l’intelligence artificielle comme une menace ou une occasion pour l’humain? L’IA deviendra-t-elle suffisamment brillante pour me présenter un jour l’homme idéal? Une âme sœur pourvue d’une intelligence compatible à la mienne?
Mon âme sœur, je pense bien l’avoir déjà croisée. En avril 2016, je visitais le pays du Soleil-Levant et j’avais déjà photographié les cerisiers en fleurs, tous plus beaux les uns que les autres. J’étais éblouie! Puis la guide annonça l’activité du lendemain et nous promit un éblouissement sans pareil : une forêt de bambous. C’est en route pour cette destination prometteuse que mon âme sœur s’est approchée de moi. Elle vivait dans le corps d’un magnifique Japonais avec qui je me suis promenée dans la forêt de bambous géants d’Arashiyama. Je m’en souviens comme si je m’y trouvais toujours!
Dans l’autocar, j’étais assise à côté de ce Japonais immensément beau. Je ne pouvais point l’ignorer. Mon cœur sautillait tel un petit oiseau sur une branche de cerisier. Mes yeux voulaient s’enraciner dans les siens. Nous traversions des campagnes et des villages dont les paysages devaient paraître époustouflants aux autres voyageurs, mais je n’avais d’yeux que pour cet homme magnifique près de moi. Il sentait si bon, son arôme exotique éveillait tous mes sens. Ses mains demeuraient posées sur sa cuisse droite, l’une sur l’autre, comme en prière. J’ai essayé tant bien que mal d’apercevoir son nom sur le porte-nom fixé à sa veste, sans succès. Puis, la guide annonça que nous allions bientôt arriver à destination. Le bel individu et moi étions restés silencieux durant tout le trajet, quelque deux heures de soupirs déboulant dans le vide cahoteux de mon cœur.
L’autocar s’était arrêté à deux reprises et, chaque fois, l’homme s’était faufilé devant moi et m’avait tendu la main pour m’aider à en descendre. J’osais à peine le regarder tellement son visage m’attirait, tellement sa maîtrise m’envoûtait!
Arrivés à la forêt de bambous, on nous a servi, à chacun d’entre nous, une jolie boîte de sushis que nous avons dégustés en silence, lui et moi. Le moment de traverser la forêt arriva et nous avancions à pas de tortue, sans même voir devant nous tellement nos yeux fixaient le ciel et les immenses flèches de bambous piquant tout droit dans le ventre des nuages. Mon cœur ronronnait de bonheur. Et voilà que, pendant que je contemplais le délicat bruissement de l’air glissant entre les bambous, l’homme disparut. Comme une plume emportée par le vent, l’espoir d’un quelconque rapprochement s’évapora. S’était-il enfui, perdu, caché? Je me pose toujours la question.
Lorsque la guide s’approcha enfin de moi, elle prononça deux mots qui me révélèrent le nom de mon charmant compagnon de voyage : « Watanabe Isamu ». J’aurais voulu que cette rencontre ne soit qu’un rêve et que je puisse continuer de m’y blottir. Mais il s’agit d’une histoire réelle qui s’est déroulée le 17 avril 2016, à l’ouest de Kyoto, dans la bambouseraie d’Arashiyama. Pendant ces quelques instants, j’ai cru que j’avais rencontré mon âme sœur. Assise à ses côtés silencieusement pendant deux belles heures, j’ai eu amplement le temps de m’imaginer avec lui pour le reste de mes jours. Encore une fois, j’ai permis à la folle du logis de me fabriquer un bonheur époustouflant, inimaginable; aussi magnifique que l’aura de cet homme d’un seul jour.
Cora
♥️
Ouverts le 27 mai 1987, le jour de mes 40 ans, les restaurants Cora ont fêté leur 38e anniversaire d’existence cette année. Maman divorcée avec trois ados sur les bras, j’étais très loin de me douter qu’en ouvrant ce tout petit resto, je recevrais le plus gros cadeau au monde : la clé qui allait m’ouvrir la porte d’un avenir mirobolant.
Après un divorce sans pension alimentaire, j’ai travaillé en restauration six à sept jours par semaine pendant sept ans, jusqu’à ce qu’un violent « burnout » immobilise mon esprit. Mon père avait dit un jour que j’étais une force de la nature; « forte comme un cheval », avait-il ajouté. Mes deux parents étaient déjà morts lorsque l’épuisement professionnel étrangla mon esprit. Les pauvres ne m’ont pas vue en petite souris, immobilisée de peur dans sa trappe. J’avais travaillé comme une forcenée lorsque soudain, sans crier gare, l’épuisement s’empara de tout mon corps; je devins incapable de cuire une soupe pour mes enfants, incapable de réfléchir, incapable de réagir.
J’ai passé deux longs mois étendue sur le divan du salon à ne plus savoir qui j’étais, ni où j’allais; comme si mon énergie s’était enfuie de mon corps. Heureusement, quelqu’un parla un jour à mon plus vieux d’un docteur qui s’y connaissait en la matière. Je me souviens encore de cette rencontre. L’homme très âgé ressemblait beaucoup plus à un antique philosophe en toge blanche qu’à un médecin d’aujourd’hui. Il m’a pourtant dit qu’il n’existait aucun médicament pour guérir une extrême fatigue, juste du repos; beaucoup de repos. Le « burnout », conclut-il, ça se guérit à force de se faire plaisir!
Je me retrouvais complètement déboussolée. Comment allais-je me faire plaisir? J’étais incapable de réfléchir à ce sujet. Depuis que j’avais abandonné mes études pour me marier obligée, j’avais traversé 13 ans de déplaisirs quotidiens. Puis, j’avais dû travailler comme une déchaînée pour répondre convenablement aux besoins de mes enfants. C’est pourtant eux, ces bienheureux adolescents, qui ont trouvé la solution, le remède magique pour me guérir. « Maman, pourquoi n’écrirais-tu pas? Tu aimais tellement ça lorsqu’on était petits; tu écrivais même en cachette de papa, la plupart du temps. Pourquoi ne pas essayer maintenant? Je te donne mon cahier à anneaux », m’avait dit le plus vieux. « S’il te plaît, maman, je te prête mes stylos », ajouta sa sœur.
C’est ainsi, ligne après ligne, très tranquillement, deux ou trois petits paragraphes par jour, que l’encre a raconté l’histoire du mauvais mariage; l’assassinat de la belle jeune fille que j’étais et la dure survie d’après. De jour en jour, mon corps reprenait vie; comme si les morceaux d’un casse-tête s’assemblaient d’eux-mêmes dans ma tête. Les enfants déposaient des petits plats sur la table du salon; ils me préparaient des thermos de café que je buvais avec de plus en plus de satisfaction.
Puis, un matin, la plume s’est asséchée. Soudainement, je n’avais plus rien à dire. Mon corps et ma tête prenaient du mieux; ils voulaient se lever, aller dehors, voir le soleil et marcher dans l’herbe. En jaquette et en pantoufles, j’ai commencé par sortir la balayeuse de l’armoire et nettoyer le tapis du salon où des milliers de miettes de pain et de biscuits étaient tombés de mes collations. Sur la table basse, trois tasses à café vides attendaient que je les ramasse. Surtout, j’avais le goût de le faire, de nettoyer tout mon campement de fortune, et de ranger quelque part mes précieux brouillons d’écriture. Peut-être qu’en les écrivant, la montagne de chagrins que je transportais depuis toujours a fondu?
Le vieux docteur philosophe avait eu raison : FAIRE CE QUE NOUS AIMONS NOUS GUÉRIT. Il m’avait prescrit trois mois et demi de repos, mais je n’ai pas eu à compter les jours puisqu’un miracle est arrivé, un extraordinaire miracle, mille fois plus gros que l’éclosion des premières jonquilles. J’allais bien et je commençais à chercher un endroit dans les alentours où aller prendre un café avec un calepin d’écriture. Le surlendemain d’avoir conduit ma Renault 5 pour la première fois depuis que je m’étais écroulée d’épuisement, le plus vieux m’annonça qu’il y avait grève des autobus et que j’allais devoir le conduire à Montréal pour une entrevue d’embauche. J’ai tout de suite dit oui, sans réfléchir et, surtout, j'étais contente de pouvoir enfin être utile à ce grand garçon débrouillard. Je m’en souviens encore, j’avais rougi mes lèvres et tressé mes cheveux en couronne sur ma tête. C’était bon signe.
En traversant le boulevard de la Côte Vertu, j’ai soudainement été happée par une affiche de RESTAURANT À VENDRE placardée au premier étage d’un petit immeuble plutôt défraîchi. Je n’oublierai jamais ce moment. Je savais qu’il se passait quelque chose dans ma tête, un revirement de situation qui, plus tard, me ferait penser à Paul de Tarse tombé de son cheval sur le chemin de Damas. J’ai fixé la pancarte et je me suis promis de revenir m’informer après avoir déposé mon fils.
Après sept années à l’emploi d’un très grand restaurant populaire de Laval, j’avais acquis une excellente réputation, un poste de direction et un salaire hautement suffisant. Tout le personnel, les patrons et la fidèle clientèle attendaient mon retour avec impatience, et je le savais de source sûre. Pourtant, dans un seul instant, le petit restaurant abandonné croisé au hasard, fermé depuis deux longues années, s’est inscrit en idée dans ma tête comme si c’était la chose la plus normale à faire.
Lorsqu’on néglige notre équilibre, nos besoins fondamentaux et notre bienveillante sérénité, l’ultime architecte de nos vies nous ramène à l’ordre. Il fabrique des miracles aussi souvent que nous en avons besoin pour comprendre. Sans crier gare, sans que nous le réalisions bien souvent, il nous envoie des idées mirobolantes, des rêves prémonitoires et des clés magiques.
Le plus grand miracle à m’être arrivé, c’est d’avoir cru, sans vraiment comprendre, tout ce que cette affiche de RESTAURANT À VENDRE avait à me dire.
Cora
❤️
Très tôt dans l’histoire des restaurants Cora, peut-être au sixième ou septième restaurant ouvert en sol québécois, les gens de partout dans notre belle province se sont aperçus que nous existions. Les familles roulaient plusieurs kilomètres, traversaient des ponts et faisaient la file avant de pouvoir entrer chez nous.
S’attendant à voir un sublime Taj Mahal de la restauration, ces nouveaux clients s’engouffraient dans une bombance d’arômes de vanille, de pain doré et de cannelle sur les crêpes. Exorbités, leurs yeux cherchaient l’extravagance, la richesse sur les murs, dans la vaisselle ou dans l’uniforme excentrique des serveuses. Mais rien de tout cela n’existait! Rien d’autre que d’immenses sourires étalés sur chaque visage, des exclamations de joie s’envolant de chaque table et des assiettes de nourriture totalement hors du commun.
Dans un espace qu’on aurait cru bricolé par des ados inventifs, avec sur les murs les noms des plats en grosses lettres joliment dessinées, ce nouveau genre de restauration avait de quoi faire parler la clientèle. Sans compter qu’on n’y servait rien d’autre que des déjeuners et quelques plats du midi pour les travailleurs à proximité. Beau temps, mauvais temps, il fallait se dépêcher si on venait de loin, car le resto fermait chaque jour à trois heures de l’après-midi.
C’est ainsi qu’un immense brouhaha de compliments atteignit les grandes oreilles de « l’establishment » québécois.
— Qui était donc cette femme ni vieille ni jeune venant de nulle part? D’où arrivait ce nouveau concept de restauration exclusivement matinale? D’Europe ou des États-Unis?
— « De sa propre tête », répondit à son patron le directeur adjoint d’une compagnie d’assurance.
Je me souviens tellement de lui! Un splendide jeune homme qui, un certain dimanche, osa traverser le resto en affrontant les zigzags des serveuses entre les tables, les tourbillons d’assiettes dans leurs bras, et les silex de café gigotant entre les doigts inexpérimentés des commis débarrasseurs. Je me trouvais dans la cuisine d’un restaurant qui venait d’ouvrir et je surveillais les opérations. Mon cœur assoiffé d’amour emmagasinait surtout les éclats de plaisir exclamés autour de chaque table.
— Madame Cora, voici ma carte. Nous aimerions que vous veniez partager « la recette de votre succès » avec nos collègues agents d’assurance. Nous serions ravis de vous accueillir, car votre réputation vous précède.
Ce dimanche-là, après que l’homme m’eut saluée avec une main sur son cœur, mes neurones s’immobilisèrent, incapables de transmettre quoi que ce soit au reste bouillant de mon anatomie. Je cuisinais avec facilité. Je pouvais expliquer une recette à mon personnel comme on explique un jeu à un enfant. Mais parler en public à des gens remplis de tellement d’assurance qu’ils sont capables d’en vendre, c’était autre chose. Je me sentais comme si un lion venait d’entrer dans ma cage. J’avais peur. Et, pour dire franchement, je n’avais jamais réfléchi à la fameuse recette de notre succès.
Pourtant, le lendemain, un ange qui connaissait mon avenir s’introduisit dans ma tête et réactiva mon encéphale. Je me suis tout de suite souvenu du jour où j’ai décidé de cuisiner de vraies crêpes. Des crêpes, comme ma mère nous en préparait en Gaspésie. J’avais en tête l’épais liquide blanc qu’elle versait dans une grande poêle, le souvenir du croustillant de la crêpe sur ma langue et du goût savoureux explosant dans ma bouche. Je venais de comprendre le secret de mon succès : beaucoup de travail et de la bonne nourriture. L’analogie s’avérait juste et l’ange vaillant insista pour que je compare la recette de mon succès à la recette du mélange à crêpes de maman.
Voici donc cette fameuse recette expliquée des dizaines et des dizaines de fois devant des publics de tout acabit. Écoles, universités, cercles de femmes d’affaires, congrès d’entrepreneurs et autres grandes entreprises. J’ai même baragouiné en anglais pour une conférence TED que vous pouvez encore visionner sur YouTube!
Dans un grand bol à votre convenance (représentant l’espace physique, le contenant de votre idée ou de votre commerce) :
Cassez quelques œufs (symbolisant la vie et la créativité);
Versez assez de lait (représentant la rigueur et la spécialisation);
Ajoutez l’ingrédient qui doit se trouver en plus grande quantité dans le bol, la farine (signifiant le travail, la vaillance);
Assaisonnez d’une pincée de sel (désignant le doute, la réflexion). Attention, une petite quantité suffit pour rester humble mais en constante amélioration; en quantité excessive, le sel gruge l’entreprise tel un vilain ulcère;
Le dernier ingrédient, le plus important à utiliser abondamment, c’est votre dévouement tout entier. Il comprend votre engagement, votre passion, votre optimisme ainsi que votre entière personnalité.
Mélangez avec amour avec l’ADN de votre entreprise et de sa mission.
Il n’y a pas de mesure dans cette recette à succès. C’est vous qui représentez la tasse à mesurer. Il n’y a pas non plus de passoire pour tamiser la farine (le travail) ni de fouet pour violenter les œufs (la vie). Vous devez ajouter assez de créativité pour vous différencier des autres. Il faut vous concentrer sur votre spécialité sans vous laisser distraire par d’autres.
Très tôt, j’ai aperçu dans le sourire de nos clients cet éclat de plaisir aussi brillant qu’une étoile accoucheuse de succès. Le courage, la vaillance et la détermination aident l’entreprise à grandir. N’oubliez pas l’enthousiasme, car c’est le transport divin pour acheminer vos bonnes intentions! Finalement, lorsqu’arrive le succès à la chevelure argentée, lui-même se demande comment il a fait pour y arriver. Alors, tout comme moi, il cherche lui aussi une recette pour expliquer ses prouesses.
Réinventer l’art du déjeuner, offrir des plats originaux qui permettent aux gens de vivre des moments mémorables, ça fait partie de l’ADN des restaurants Cora depuis le premier matin, en mai 1987.
Cora
☀
Franchises Cora Inc., chef de file des déjeuners au Canada, annonce avec fierté que la bannière comptera deux nouveaux restaurants dans l’Ouest canadien. Cette fois-ci, ce sont les villes de Medicine Hat en Alberta et de Brandon au Manitoba qui font rayonner le soleil Cora.
En juillet dernier, le restaurant de Medicine Hat a été inauguré. Il s’agit du vingtième restaurant à voir le jour dans la province de l’Alberta.
D’autre part, le restaurant de Brandon, quatrième établissement Cora au Manitoba, a ouvert ses portes en novembre dernier.
Les deux nouvelles franchises font partie du plan d’expansion pancanadien de la compagnie québécoise. Avec plus de 125 franchises, les restaurants Cora continuent d’offrir un menu diversifié de déjeuners et dîners colorés et un service de première qualité, le tout dans une chaleureuse atmosphère familiale.
Les restaurants Cora sont fiers d’annoncer que la marque devient désormais un partenaire de choix de la compagnie aérienne WestJet. En effet, le transporteur canadien offre dorénavant le déjeuner Cora dans sa cabine Privilège à bord de ses vols matinaux. Il s’agit d’une délectable marque de confiance à l’égard notre entreprise, la pionnière des restaurants de déjeuners au Canada!
WestJet propose, depuis le 26 juin, un déjeuner Cora sur la plupart de ses vols d’une durée de deux heures et demie et plus. Les plats offerts sont inspirés des repas déjà prisés des mordus des déjeuners Cora : les oeufs Ben et Dictine à la dinde fumée, la Cassolette de légumes et l’Omelette au cheddar vieilli et aux épinards avec saucisse à la dinde.
Il s’agit d’une savoureuse opportunité pour Cora déjeuners d’accroître sa notoriété et de faire découvrir son menu auprès d’un public voyageur en donnant aux passagers de WestJet la chance de savourer un déjeuner Cora dans la cabine Privilège du transporteur.
Bon voyage!
Franchises Cora inc., le chef de file canadien des petits-déjeuners, est fière d'annoncer qu'un autre soleil s'ajoute à sa bannière dans l'Ouest Canadien. Cette fois, c'est la ville de North Vancouver qui a vu le soleil se lever.
La grande pionnière et fondatrice, Cora Tsouflidou, était de la partie lors de la Grande ouverture. C'est lors de cette célébration qu'elle procède à la Cérémonie de la Première omelette, une tradition par laquelle la première omelette du restaurant est réalisée de manière tout à fait symbolique.
Cette nouvelle franchise fait partie du plan d’expansion pancanadien de la compagnie québécoise. Il s'agit du 10e restaurant Cora en Colombie-Britannique pour la plus grande chaîne de restaurants de déjeuners et dîners à travers le pays.
Avec plus de 130 franchises en fonction, Cora continue à offrir une gastronomie matinale spécialisée en déjeuners : une nourriture et un service de première qualité, le tout dans une chaleureuse atmosphère familiale.
L’année 2019 en est une de développement pour Franchises Cora inc., le chef de file canadien des déjeuners. L’entreprise fait rayonner son soleil symbolique dans les plus grandes villes au pays!
Deux autres restaurants ont ouvert leurs portes en mars. Comme dans bien des cas chez Cora, il s’agit d’une aventure familiale. Ainsi, le restaurant du quartier St. Vital, à Winnipeg, est géré par un couple de franchisés qui est tombé sous le charme des restaurants Cora, de leurs menus colorés et de tous les plats joliment agrémentés de fruits.
La plus récente ouverture est celle du second restaurant situé à Regina. Le franchisé a d’abord ouvert un premier Cora en novembre 2018. Fort de cette aventure, il s’est lancé dans le développement de son deuxième restaurant et a ouvert les portes de celui-ci le 18 mars dernier.
Les deux nouvelles franchises font partie du plan d’expansion pancanadien de la compagnie québécoise. Avec 130 restaurants en activité, Cora continue à offrir une gastronomie matinale spécialisée en déjeuners et poursuit sa mission d’offrir une nourriture et un service de qualité dans une chaleureuse atmosphère familiale.
Le leader canadien des petits-déjeuners ouvre deux nouveaux restaurants
Franchises Cora inc., le chef de file canadien des petits-déjeuners, est fière d'annoncer l'ouverture de deux nouveaux restaurants dans l'Ouest Canadien. L'Alberta a accueuilli un nouveau soleil Cora au centre-ville d'Edmonton alors que la Colombie-Britannique a célébré l'arrivée du restaurant dans la ville de Surrey.
La grande pionnière et fondatrice, Cora Tsouflidou, était de la partie lors des deux Grandes ouvertures en compagnie de différents dignitaires, influenceurs locaux et invités. C'est lors de cette grande célébration qu'elle procède à la Cérémonie de la Première omelette, une tradition par laquelle la première omelette du restaurant est réalisée de manière tout à fait symbolique.
Les deux nouvelles franchises font partie du plan d’expansion pancanadien de la compagnie québécoise. Il s'agit du 9e restaurant Cora en Colombie-Britannique et du 18e en Alberta pour la plus grande chaîne de restaurants de déjeuners et dîners à travers le pays.
Avec 130 franchises en opération, Cora continue à offrir une gastronomie matinale spécialisée en déjeuners : une nourriture et un service de première qualité, le tout dans une chaleureuse atmosphère familiale.